Résurrection de l’Écriture (p. 55)

Il faut savoir que, dans l’alphabet carré, cinq lettres sont écrites différemment suivant qu’elles sont placées en tête (et au milieu) du mot, ou en finale. Ce sont : K. M. N. Ph. Ts., qui se prononcent : Kaph, Mem, Noun, Phé, Tsé. Les quatre lettres : K. N. Ph. Ts., en finale, comportent une hampe verticale en plus de leur forme ordinaire… Le Mem — treizième lettre de l’alphabet — est d’une importance considérable, puisque : Un : hA cH D = 13. Le Mem ordinaire, qui commence un mot, est légèrement « ouvert », le Mem final, qui clôt le mot, est totalement « fermé ». Cette graphie symbolique est en accord avec le génie propre à la langue hébraïque, selon lequel — nous l’avons vu — toute position de début indique l’inachevé, l’inaccompli ; toute position finale, l’achevé, l’accompli.

L’emploi d’un Mem ouvert à la fin d’un mot est donc tout à fait anormal. C’est le cas de Néhémie 2. 13. Le Prophète considère les murs de Jérusalem, ville close, qui sont abattus, ouverts. Il écrit alors : « ils », pronom personnel séparé, de la troisième personne du masculin pluriel, qui se dit en hébreu : H M (avec un M ouvert, et non fermé) et supprime le verbe ouvert. C’est du graphisme symbolique élémentaire. Pour apprécier cette anomalie, il faut se reporter à 12. 43 du même Livre, où le mot : Joie : Sh M cH, est répété cinq fois, lors de la dédicace des murailles réparées.

Cette graphie de Néhémie l’esdraïque sert surtout à faire ressortir l’étonnant Mem final, fermé, clos, écrit en tête (car « L » n’est qu’un préfixe) du mot : L M R B H d’Isaïe 9. 6. Cette anomalie graphique est célèbre. Pascal en parlait déjà, selon Reuchlin et les rabbins convertis du 16e siècle. P. L. B. Drach (autre rabbin converti, du 19e) explique ainsi ce texte d’Isaïe qui (comme on le sait) annonce la naissance miraculeuse du Messie : « La Synagogue (mosaïque) enseignait que ce Mem fermé du terme Lemarbe indique un grand mystère dans la manifestation du Messie ; c’est-à-dire la pureté toujours intacte de la glorieuse Mère de Jésus-Christ ³. » Suivent quelques références au Talmud et au Zohar, en particulier : « Le Mem fermé se maintient entier comme la Mère Céleste qui est, elle-même, ce Mem fermé, ainsi que nous le savons par le mystère du mot : L M R B H d’Isaïe ». Témoignage valable, quel que soit le rôle donné à la « Mère Céleste » par les kabbalistes et les gnostiques.

Vous verrez que l’interprétation de Drach est vérifiée par les nombres, lorsque vous nombrerez le nom de M Y R Y M, non documenté, mais qui nécessite deux M fermés, en tête et en fin,

(suite p. 56)

Notes projet ★★★★★

  • Le Mem fermé de לםרבה (Is 9,6) avec la tradition Reuchlin → Pascal → Drach : « la pureté toujours intacte de la glorieuse Mère » — source directe de la lecture mariale du Mem final chez CLG (Index : le Mem final, la Vierge ; LGN p16 : le Mem de Miryam).
  • מירים avec deux Mem fermés (annoncé p. 56) : Miryam = 67 chez CLG (24+10+20+10+24 = 88 ? — attendre la p. 56 pour la graphie exacte de Bardet). 67 = Miryam est un pilier du réseau (SAH, LVM). ⚠️ vérifier la valeur de Bardet à la page suivante.
  • Mem = 13e lettre = אחד = 13 : « Un ». Néh 2,13 (Mem ouvert final) ↔ Is 9,6 (Mem fermé initial) : le couple d’anomalies inverses.
  • שמח répété 5 fois en Néh 12,43.

Photo : IMG_20260831_210835.jpg · Voir l’original

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