Chapitre III — p. 97
(suite de la p. 96)
Mais enfin, s’écrieront ceux qui — n’étant pas spécialistes — gardent un peu de bon sens, qu’est-ce que c’est que toutes ces divisions, subdivisions, tous ces découpages et redécoupages ne reposant que sur du vent ? On n’a jamais entendu parler de rien de pareil pour l’Odyssée ou l’Énéide ! Bien sûr, ce sont des œuvres mythologiques et non sacrées ; leur lecture n’entraîne pas un style de vie ; personne ne fera comme Pénélope ou Didon. Ces œuvres nous restent extérieures, étrangères, in-conséquentes. Elles n’engagent pas : esprit, âme, corps.
Face aux écrits sacrés, il n’y a plus d’attitude objective mais une attitude passionnelle. Il s’agit de déchirer la Thorah, par tous les moyens, sous couvert de science, d’érudition ou de philologie, que l’on se dise chrétien ou juif, « indépendant » ou religieux. Sait-on que le mot : critique est dû à Richard Simon, oratorien plus ou moins défroqué, qui — le premier — a souligné les allusions successives de la Bible. Toutefois, la génération de M. Homais se distingua par sa stupidité. A vrai dire, « l’hypothèse documentaire », qui commence seulement à ne plus être prise au sérieux… (après avoir infecté les exégètes catholiques et protestants, comme les hypercritiques athées), n’est que l’aboutissement normal des multiples morcellement préalables. Ne pas rendre compte de la Cause Première des doublets (dits documentaires), c’est laisser le champ libre aux hypothèses les plus hasardeuses sur les causes secondes.
Une première tentative fut faite, en 1753, par le protestant anglais Robert Lowth (†1787), qui attira l’attention sur le « parallélisme » dans la poésie hébraïque, élément original, peu connu en d’autres langues. Il s’agit d’un balancement des idées qui double le rythme sonore des versets. Mais Lowth se cantonnait dans sa spécialité : la poésie. Pour comprendre la Thorah, il faut être architecte comme le Père, poète comme le Verbe, musicien comme l’Esprit. Lowth ne voyait point la Cause Première de toutes les répétitions et reprises, ni celle du parallélisme, à savoir : soit la double spiration de l’Esprit, soit les deux Natures du Fils, la structure duelle, en un mot, des Personnes Divines. (cf. chap. IX).
Il y a quarante ans le P. Marcel Jousse a souligné l’importance du langage gestuel et du style oral. Il a mis en valeur les schémas rythmiques, les balancements binaires ou ternaires si caractéristiques dans les Psaumes et les Livres Sapientiaux. C’était constater un « comment » humain, mais non le « pourquoi » premier, la Cause Première de ces mouvements pendulaires. Toutefois,
(suite p. 98)
Vérification / notes projet ★
Page historiographique (grade C) — sans valeur gématrique. Note utile pour le projet : Bardet situe explicitement la structure duelle (chap. IX) comme la Cause Première du parallélisme hébraïque — double spiration de l’Esprit / deux Natures du Fils. À rapprocher, quand ce chapitre sera transcrit, des travaux CLG sur radicales/serviles comme partition duelle.
Photo : IMG_20260901_133809.jpg · Voir l’original