Chapitre III — p. 92

(suite de la p. 91)

L’incompréhension des exégètes vient de ce qu’ils n’ont jamais eu à faire œuvre créatrice, œuvre vivante ; par exemple, à composer sur un terrain donné. Prenons un cas précis. On vous demande de loger N familles de natures et de besoins divers. Vous partez de l’ensemble et esquissez une première répartition. Elle est fondée sur la voirie existante ou les pentes et lignes naturelles, les limites plantées de beaux arbres, les orientations, etc., et, bien entendu, le nombre des familles variées. Ce doit être une composition et non une simple addition, une simple juxtaposition d’éléments pré-fabriqués. Vous améliorez cette première esquisse, rectifiez certains lots, pour permettre certains échelons de voisinage et — à l’intérieur — certains regroupements d’une douzaine de familles… De cette seconde esquisse, vous passez à une troisième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que chaque élément trouve sa place, sa place propre, favorisant, à la fois, l’isolement ou le contact avec les autres ; ce que j’ai appelé : « l’alternance contact-solitude », indispensable à toute famille. Ceci selon l’échelle des valeurs humaines.

Eh bien, Esdras s’est trouvé devant les Cinq Rouleaux de la Thorah contenant quelque 6 000 versets. Il a divisé d’abord chacun des 5 Livres en Ph R Sh Y M, selon les corrélations voulues : 12. — 11 — 10. 10 — 11, soit 54 en tout pour le Rouleau. Puis, il a subdivisé en sept Ph R Sh W Th, l’intérieur de chaque Ph R Sh. Au total : 378, coordonnées avec la « gloire » de 27, nombre affirmant la Création achevée. Restait la division intérieure en versets. Des coupures traditionnelles existaient. Certains versets étaient intangibles, d’autres pouvaient se grouper ou — au contraire — se scinder. Il a fallu relier certains mots par de gros traits d’union (des M Q Ph = 58. 13. 4), soit pour éviter des numérations in-convenantes, soit pour mettre en lumière des corrélations entre nombres sacrés. Il a dû ajouter certains Waw, changer les Yod en Waw, ou quelques Hé en Yod. Quand tout fut en place, il y avait : 5 845 versets = 22 = 4… Chaque verset était, lui-même, un « territoire », une « île », subdivisée selon des règles précises d’intonation. Il peut se terminer par : Si… (au lieu de commencer par : Si), coupure erronée pour le grammairien occidental qui n’a point saisi qu’il ne s’agit point de grammaire, mais de nombres.

Esdras a parfaitement réussi sa structure trine : le Ph R Sh, lu par le Rabbi (Père), à raison d’une Ph R Sh H par assistant, à 7 assistants (Fils), tandis que chaque verset (Ph Ss W Q), musique de nombres où l’Esprit joue à sa guise, est, lui, entendu par

(suite p. 93)

Vérification / notes projet ★★★★

מקף (maqqef) = [58.13.4] — vérifié en base, exact. C’est ici la première mention explicite, chez Bardet lui-même, du maqqef comme dispositif esdraïque intentionnel de fusion de mots pour révéler des « corrélations entre nombres sacrés » — donc une justification historique directe à l’appui du maqqef_mode déjà implémenté dans le projet (ticket db8d516a, FEATURE segmentation maqqef) : Bardet dit explicitement que les Waw insérés et les traits d’union (maqqef) ne sont pas de la grammaire mais un dispositif numérique voulu par Esdras.

  • 378 = 7 × 54 (les Ph R Sh W Th, sous-division interne des 54 Ph R Sh Y M) — coordonnée avec la « gloire » de 27, cf. p. 76 (chap. II) où Bardet a déjà établi la table T(1..27) = 3654. Ce 378 est donc le même 378 = T(27) que celui du projet (alphabet accompli), mais ici obtenu par une voie totalement indépendante : le découpage massorétique du texte, non l’alphabet.
  • 5845 versets — chiffre traditionnel du compte massorétique du Pentateuque, confirmé par le tableau récapitulatif p. 95.
  • La structure trine annoncée (Père=Rabbi lisant le Ph R Sh, Fils=7 assistants lisant les Ph R Sh H, Esprit=musique des versets Ph Ss W Q) est reprise et détaillée p. 93 avec la figure du chapitre 23 de la Genèse.

Photo : IMG_20260901_133738.jpg · Voir l’original

Liens