Chapitre III — p. 91

(suite de la p. 90)

dans la marge ; non dans les rouleaux mais dans les éditions massorétiques. Ce sont les Pharashym (pluriel du masculin Ph R Sh), qu’il ne faut pas confondre avec les Pharamshyoth (pluriel du féminin : Ph R Sh H = 63. 18. 9), divisions liturgiques, et secondaires comme tout féminin. Il y a sept Pharashyoth dans un Ph R Sh ; chacune d’entre elles est lue à sept fidèles, ou « appelés », pour leur faire honneur. On indique les Ph R Sh par trois « Phé » : Ph Ph Ph, du triple souffle ; et les Ph R Sh H par un seul « Phé » : Ph.

Phé valant : 17, indicatif de Bon, le Ph R Sh est trois fois bon, comme Dieu est trois fois Saint. C’est une division sacrée.

On rencontre douze Ph R Sh Y M = 92. 20. 2 dans la Genèse, onze dans l’Exode et le Deutéronome, dix dans le Lévitique et les Nombres, ces livres allant par couple. Au total : 54 divisions ou séquences, nettement soulignées par l’indication : Ph R Sh. A ces grandes divisions originelles (retrouvées lors de la Captivité) sont venus se surperposer d’autres sectionnements, qui ont obscurci la signification des séquences sacrées. Il existe, en effet, un découpage en 48 ou 52 sections ou « Sidroth » destinées à être lues à chaque Sabbat. Le calendrier judaïque, mis au point au retour de Babylone, comprend 48 à 52 semaines selon le retour du 13e mois embolismique : Veadar.

Ajoutons que la lecture de chaque section sabbatique est suivie d’un passage parallèle tiré des huit livres prophétiques : Josué, Juges, Samuel, Rois, Jérémie, Ézéchiel, Isaïe, Prophètes mineurs. Cette lecture additionnelle est appelée : haphtarah : H Ph T R H, qui signifie : interprétation. D’après L. Wogué, l’origine des haphtaroth serait récente. Elle daterait d’Antiochus Epiphane qui, en 167, interdit aux Juifs de lire les livres de Moïse. Ceux-ci suppléèrent par des passages parallèles, ainsi : Isaïe 42.5 à la place de Genèse 28ᵃ. Le parallélisme des passages prophétiques avec les Ph R Sh Y M est tellement remarquable, tellement messianique et tellement trinitaire que ce couplage doit dater, au moins, de l’époque esdraïque, que si la lecture d’une pharasha est faite à un fidèle, la lecture de la haphtarah est faite par un fidèle. Le cercle se referme. Observez d’ailleurs que H Ph T R H = 56. 29. 2, indicatif de Chair-Un. Toujours est-il qu’on en est ainsi venu à confondre les divisions pratiques en 48 ou 52 lectures, appelées « Sidroth du Sabbat », avec les pharashym originels, inspirés, au nombre de 54, nombre de l’Alliance. Et pourtant chaque Juif devait répéter 3 fois 18 prières = 54, par jour.

Vérification / notes projet ★★★

MotBardetContrôle gematria_compute_efp
פרשים (Pharashym)92.20.2✅ exact
הפטרה (haphtarah)56.29.2✅ exact
  • 54 = 12+11+10+10+11 (Genèse-Exode-Lévitique-Nombres-Deutéronome) — sera retabulé p. 95 avec les colonnes complètes (378, 187, 669, 5845).
  • Phé = 17 (F(YHWH)) — Bardet motive le choix de la lettre marquant les Ph R Sh par sa valeur (« trois fois bon »).
  • 56 = « indicatif de Chair-Un » chez Bardet — à rapprocher (⚠️ tension déjà notée p. 87) de la lecture CLG de 56 comme « plénitude du Schin » (TG3) : deux traditions distinctes du même nombre à consigner, non à fusionner.

Photo : IMG_20260901_133728.jpg · Voir l’original

Liens