Résurrection de l’Écriture (p. 61)

Zolli. Ceux-ci ne peuvent être « contrôlés » par les nombres comme tous les autres. Ce rejet souligne, s’il en était besoin, le caractère tout à fait exceptionnel de l’Écriture carrée pour l’interprétation exégétique, et la nécessité de conserver soigneusement les fautes d’orthographe (!) du Livre d’Esther.

Il n’y eut d’abord (semble-t-il) qu’un unique rouleau de peau dans l’unique Temple de Jérusalem. Ainsi, en 622, la dix-huitième année du règne de Josias (époque de Jérémie), le Grand Prêtre Helcias retrouva le rouleau du Deutéronome, qui avait été soigneusement caché durant la Captivité de Menasheh à Babylone (II Chroniques 33. 11). Cette découverte, complétant les « Cinq-Cinquièmes de la Loi » comme on dit, permettra la célèbre réforme religieuse de Josias. Désormais, pour éviter toute mutilation de la Thorah, celle-ci devra être écrite — tout entière — sur un seul rouleau ; lequel atteint cinquante mètres de long, comme le vélin sepharad existant à notre Bibliothèque Nationale (Fonds Hébreu. Ms. 56).

Ce n’est que peu avant la fin du royaume de Juda (la prise de Jérusalem date de 586) que les rouleaux de la Thorah se multiplièrent dans les synagogues de chaque cité… afin de préserver l’Écriture de la destruction totale et diffuser l’enseignement. Mais la mise au point, la fixation, la canonisation des Écritures, a été réalisée par Esdras : chA Z R hA = 44, le dix-septième descendant d’Aaron (I Esdras 7. 10) (la dix-septième lettre : Phé, signifie la bouche). Il est considéré par la Tradition hébraïque quasi à l’égal de Moïse. D’après le Traité Meghilla, Rabbi Yossé déclare : « Esdras aurait mérité que la Loi fût donnée par son intermédiaire à Ishraël, si Moïse ne l’eût devancé ⁷. » Le texte qui nous a été transmis, avec un soin scrupuleux, est donc le texte esdraïque, même si tout n’est pas de la main même de ce scribe qui — appartenant aux colonies juives restées en Mésopotamie — revint définitivement, en 444, pour réformer Jérusalem.

Une tradition (provenant de l’Apocryphe : IV. Esdras 14) raconte que cinq scribes écrivirent sous la parole inspirée d’Esdras, en quarante jours, deux cent quatre livres ! Et que le Très-Haut dit à Esdras : « Livre au public les premiers (134) et garde les 70 derniers pour les confier aux sages de ton Temple. » Tels sont les 70 livres secrets, fournissant la tradition orale, dont il n’y a pas la moindre trace, et pour cause. Ce nombre 70 est purement symbolique, c’est le nombre de l’Arche : M Sh K N. On attribuera également la traduction alexandrine de la Bible à 70 anciens… car le nombre 70 est celui des anciens qui re-

(suite p. 62)

Notes projet ★★★

  • Esdras עזרא = 44 (16+7+20+1) — « le dix-septième descendant d’Aaron », et « la dix-septième lettre : Phé, signifie la bouche » : Esdras = la Bouche qui fixe l’Écriture. 44 = Esdras : déjà rencontré p. 45 (נח נח = 44) ; Esdras = [44.17.8] en base (F=17 !) — encore un [·.17.8], le F/P de YHWH, sur le nom du scribe lui-même. ⚠️ à vérifier/verser au dossier.
  • משכן (l’Arche/Demeure) = 70 (13+21+11+25, Noun final) — « nombre purement symbolique » des 70 livres secrets et des LXX. Chez CLG, 70 = מלכים (Rois, p. 36).
  • Retour d’Esdras : 444. Ms. 56 du Fonds Hébreu (56 = plénitude du Schin — coïncidence de cote, ne pas exploiter).

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