Résurrection de l’Écriture (p. 59)
Y D, et à l’œil : chA, par opposition au glacé du métal ou des plastiques. Parallèlement, le hiéroglyphe égyptien signifiant « la science, le savoir, le savant, la compréhension, est écrit avec une pièce de tissu qui se lit « sia ⁵ ». De cette pièce, souvent représentée carrée, dépassent cinq fils de chaîne.
Or, cette technique d’entrelacs élémentaires correspond, également, soit à la structure sociale des populations urbaines, comme l’ont montré nos « topographies sociales ⁶ », soit à la « structure fine » de la création vivante. Telle est la signification de cette phrase-clef de Gamaliel : « la Thorah a été promulguée selon une écriture enchevêtrée. »
Laissant de côté toutes les hypothèses concernant les écritures proto-sinaïtiques ou araméennes, le rouleau de la Thorah qui sert de référence, qui est seul considéré comme sacré, est écrit en caractères dits Ashury : hA Sh W R Y ou (par suite de leur forme) carrés. L’adoption de cette écriture nue, non voyellisée, réservée à l’emploi sacré, date du retour de la Captivité en Babylone. Son nom exprime surtout (d’après Maïmonide) l’écriture parfaite, excellente, par opposition à l’écriture vulgaire, paléo-hébraïque, araméenne, dite encore samaritaine, car c’est l’écriture du Pentateuque samaritain.
Fig. 11
(Deux lignes de paires de lettres semblables, avec leurs valeurs au-dessus/au-dessous et de petites flèches d’angle d’observation :)
Ligne 1 : ב כ (2, 11) · ג נ (3, 14) · ד ר (4, 20) · ו ז ן (6, 7, 25) Ligne 2 : ם ס (24, 15) · ע צ (16, 18 — chA et Ts final 27) · ה ח (5, 8)
FIG. 11. — Les lettres qu’il ne faut pas confondre : le B et le K ; le G et le N ; le D et le R ; le W et le Z et le N final ; le M fermé et le Ss ; le chA et le Ts final, le Hé et le CH. Les nombres vous facilitent leur reconnaissance. Des petites flèches indiquent les angles selon lesquels il faut observer pour ne pas se tromper… parfois, il me faut prendre la loupe, en certaines éditions défectueuses, mal encrées. Dans les ouvrages ponctués, l’abondance de points-voyelles et autres signes ne facilite pas le coup d’œil.
Pour bien saisir l’élaboration des Écritures hébraïques — longtemps transmises par la vue et l’ouïe — il faut distinguer quatre grandes périodes. Tout d’abord la Loi, la Thorah proprement dite, se composant de Cinq Livres (Pentateuque) auxquels
(suite p. 60)
Note projet : « la Thorah promulguée selon une écriture enchevêtrée » (Gamaliel) — la formule que Bardet met en exergue du « tissu damassé ». L’écriture Ashury אשורי (non voyellisée, seule sacrée) : la position de Bardet sur le texte de référence, décisive pour la Masoretic-specificity du projet. Fig. 11 = table pratique des confusions de lettres — utile pour la relecture OCR des manuscrits de CLG.
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