Chapitre III — p. 111
(suite de la p. 110)
Jean est « l’objet de la tendresse illimitée de Dieu. Au départ un violent (tout l’opposé de Moïse, un timide). Il est toujours là ; il n’y a pas de problèmes pour lui ; il a un autre angle de vision que les autres, et il ne peut voir comme les autres », a saisi l’Ingénieur Christian J.
Jean joue un rôle particulier parmi les Apôtres. Il n’est « déjà plus tout à fait sur terre ». Il est le Bien-aimé, celui à qui sont épargnées, non le martyre, mais ses souffrances ; celui qui subsiste après tous les autres et qui connaît les secrets du Cœur de Jésus. A la Crucifixion, il est substitué à Jésus, comme Fils de Marie. Il représente la Nature Divine qui prend Marie : Mère et Modèle de l’Église, sous son toit.
Son Évangile prend sa source dans le cœur (καρδία) même du Fils, sur lequel il a reposé¹⁷. Jean ne s’occupe pas des faits extérieurs. Il débute, non par une Genèse théo-cosmique, mais par une Genèse théo-centrique. Aussi l’Évangile de Jean remonte-t-il au-delà du récit de Moïse, au-delà de la création par le Verbe : B, qui était, avant le : R Sh Y Th. C’est l’Évangile de l’Amour, qui se terminera par les trois célèbres questions à Pierre : « M’aimes-tu ? » Si l’on veut saisir ce qui est « le premier dans l’intention », il faut lire Jean avant Moïse. Le Waw achevé avant le Yod en puissance de… ; Jean-le-violent, confident du Miséricordieux, avant Moïse-le-timide, confident de la Rigueur.
L’Évangile de Jean, écrit le dernier, est celui dont on possède le fragment manuscrit le plus ancien, du 1er siècle.
Avec les Actes, écrits, à nouveau, par Luc, nous retrouvons le ton humain. Il nous fait assister, après l’Ascension (c’est-à-dire la remontée du Fils vers son Père), suivie par la descente de l’Esprit sur les 120 dont les 12 Apôtres (complétés), à la diffusion de cet Esprit.
La mission des Apôtres étant « d’enseigner toutes les Nations », ne nous étonnons pas si les Actes comportent 18 discours, analogues aux 18 bénédictions. Puis le récit des trois grands voyages de S. Paul à Antioche, Jérusalem et Éphèse, dont les Évêques furent, respectivement, Pierre, Jacques et Jean : les trois témoins trinitaires de la Transfiguration !
Si les affinités des Cinq Évangiles sont évidentes, il n’est pas sans intérêt de faire la contre-épreuve, au moyen des hérésies… Car « il faut qu’il y ait des hérésies »… pour mieux définir, délimiter, les contours de la Vérité.
(suite p. 112)
Vérification / notes projet ★★★
Pas de nouvelle valeur E introduite explicitement sur cette page (les nombres 120, 18, 12 sont des comptes narratifs, non des gématries de mots). Points à noter :
- B avant R Sh Y Th — Bardet lit littéralement le prologue johannique comme antérieur, structurellement, au בראשית (Beréshit) de la Genèse : le Verbe (B) précède la Tête/le Commencement (R Sh Y Th). Belle formalisation de Jn 1,1 « Au commencement était le Verbe » comme antériorité logique sur Gn 1,1.
- 120 = 5! — déjà établi p. 76 (chap. II, table T(1..27)) comme « gloire » factorielle ; ici valeur narrative (les 120 réunis à la Pentecôte, Ac 1,15) qui rejoint numériquement cette même constante.
- 18 discours des Actes / 18 bénédictions — écho possible avec les « 3 fois 18 prières = 54 par jour » de la p. 91.
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