Chapitre III — p. 109

(suite de la p. 108)

L’Évangile de Marc, du Lion de Judah, est le plus court ; Pierre parle peu, mais son ton est plus tranchant, c’est son rôle. Il rappelle, par sa violence, celui de Matthieu, dont les sept malédictions (opposées aux sept dons du Saint-Esprit) ne peuvent être lues sans frémir (23.13 à 29). C’est bien le ton du Père¹⁴. C’est encore pourquoi Marc est quasi seul à nous transmettre les expressions araméennes — langue d’Abraham — employées par Jésus.

Combien est différent l’Évangile de Luc, le païen converti, l’Occidental appliqué aux méthodes d’observation, à la méthode expérimentale ! L’historien qui n’a point « connu Jésus en sa chair » est précisément celui qui a écrit l’Évangile convenant le mieux aux « trop humains ». Il est celui qui soigne le corps, et le Grec lettré d’Antioche, symbole des Nations, de l’Occident. On attribue à ce médecin le taureau. Aussi débute-t-il par l’épisode de Zacharie (Z K R, le mâle) : « Ta femme va te donner un fils », et comme le prêtre se montre trop humain, incrédule (bien éloigné de son analogué : Abraham), il sera rendu muet jusqu’à la naissance de Jean-Baptiste (Isaac) d’Élisabeth-(Sarah) la stérile.

A cette première figure de la nature humaine, il oppose d’emblée la Nature Divine, sous l’annonce faite à Marie et son immédiate acceptation… « Je suis la servante du Seigneur… » Ce n’est qu’après avoir exposé ces deux naissances — selon la chair et selon l’Esprit — qu’il donne la filiation. Ascendante, cette fois, elle rattache l’Enfant Jésus à son grand-père maternel Héli, jusqu’à David, puis de David à Enosh, Seth et Adam, fils de Dieu.

Avec Luc, nous rencontrons la 2e généalogie, en opposition-complémentarité avec celle de Matthieu¹⁵. Dans Matthieu, par Salomon, Jésus a l’ascendance, de droit, au Trône de David (D V D = 14), comme Joseph, de droit, est imputé son père. Mais, avant la naissance de Salomon, David est devenu meurtrier d’Urie, dont il a volé la femme. Sa descendance sera punie et maudite (Jérémie 36.30). Elle porte le poids de la faute de David en son sang et son âme. Telle est la descendance paternelle aboutissant à Joseph. Aussi Marie y est-elle nommée afin de faire partie du comput de la généalogie, en vue d’évacuer le poids du péché davidique. Tout au contraire, Luc nous fournit l’ascendance maternelle. Par Nathan = Donné, aîné de Salomon, Marie a l’ascendance royale réelle, par le sang. Or, Nathan est

(suite p. 110)

Vérification / notes projet ★★★

MotBardetContrôle gematria_compute_efp
דוד (David)14✅ exact — EFP complet [14.14.5]
  • Bardet articule ici une théologie fine de la double généalogie (Matthieu = ascendance légale par Salomon, portant le poids du péché de David/Urie ; Luc = ascendance réelle par le sang via Nathan, frère aîné de Salomon) — matériau riche pour tout futur travail du projet sur le dossier David/Jessé/Isaac déjà ouvert (p69_intercalaire-relations-triangulaires-14-41-david-jesse).
  • David = 14 = EFP [14.14.5] : E=F=14 est une propriété notable (invariant), à rapprocher du statut de 14 comme valeur de Noun et de la Note « registres » où E≡F≡P (mod 9) — ici l’égalité E=F est exacte, pas seulement modulaire.

Photo : IMG_20260901_133928.jpg · Voir l’original

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