Chapitre III — p. 106
(suite de la p. 105)
Les Cinq-Cinquièmes explicitent le Tétragramme « fructifié » en lequel le Waw (seule lettre pouvant être grammaticalement consonne et voyelle) est redoublé. Autrement dit, Y H W H est devenu Yehovah :
Y H W V H.
Les cinq Évangiles.
Caractériser le Nouveau Pentateuque, c’est-à-dire les 4 Évangiles et les Actes, qui sont venus s’ajouter (comme le Deutéronome), est, certainement, plus subtil. Dans l’Ancien, les sujets mêmes des Livres étaient différents. Ici, même dans les Actes, il s’agit du même mystère : celui de l’Incarnation ; du même personnage : le Christ, envisagé sous quatre aspects différents.
Jusqu’ici les théologiens chrétiens n’ont pas été en mesure de montrer la complémentarité fonctionnelle des Évangiles. Ils se sont butés sur la ressemblance des 3 Synoptiques ; ils ont mis Jean à part, et les Actes en dehors. Je suis donc forcé d’entrer dans le détail. Vous trouverez, vous-même, bien d’autres jeux.
Attention aux affinités ! Dans l’Ancienne Alliance, le Waw voyelle est placé avant son redoublement : le Waw consonne. Le Fils n’est qu’en puissance d’Incarnation. Dans la Nouvelle, l’Incarnation est réalisée, le Shin de la Nature Humaine du Fils passe avant le Waw ou — plus exactement — ce Waw de la Nature Divine, de la tête passe dans le corps. Vous trouverez donc deux structures parallèles, mais non totalement symétriques :
Y H W V H Y H Sh W H
Conformément au Génie de la langue (je ne le répéterai jamais assez), ainsi que dans les participes (p. 26) Q W Sh R, Q Sh W R, le Waw s’est déplacé d’avant en arrière puisque l’action est achevée. Le but est atteint. Le Messie s’est incarné.
Pascal a fort bien vu que « la preuve de la vérité des Évangiles réside dans leurs apparentes faiblesses. Qu’y a-t-il de plus clair que cela n’a pas été fait de concert ? » (Pensées 15.15.) Les exégètes croyants n’ont jamais répondu — indiscutablement — aux critiques sur les désaccords des Évangiles, car ils n’ont jamais fourni la Cause Première de leurs différences, fonctionnelles, dans l’exposé des faits. Au lieu de contradiction, c’est la plus harmo-
(suite p. 107)
Vérification / notes projet ★★★
Page structurellement importante : Bardet oppose explicitement deux formes du Nom —
- Y H W V H (Yehovah) : Waw voyelle puis Waw consonne redoublé — Ancienne Alliance, « Fils en puissance d’Incarnation »
- Y H Sh W H : Shin (Nature Humaine) précède le Waw (Nature Divine) — Nouvelle Alliance, Incarnation réalisée
C’est une règle grammaticale explicite (position du Waw avant/après selon que l’action est en cours ou achevée, comme dans les participes Q W Sh R / Q Sh W R) que Bardet donne comme fondement linguistique du passage YHWH→YHShWH — argument plus solide qu’une simple substitution symbolique, à noter pour toute défense académique du système face à la critique philologique (dossier Langlois).
Pas de nouvelle valeur E à vérifier sur cette page (les EFP de YHWH et YHShWH sont déjà établis dans le projet).
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