Chapitre III — p. 94
(suite de la p. 93)
Gen. 28. 10). C’est grâce à la division en Ph R Sh, rencontrée — providentiellement — dans une vieille édition hébraïque, que j’ai pu déterminer la structure de la Thorah. D’où toutes mes études de macro-structure sur la Genèse, symphonie trinitaire en 12 séquences⁴. Il suffisait, en effet, d’observer le rythme 12 — 11 — 10. 10 — 11.
Chez les Chrétiens on retrouve la division sacrée dans la Bible Polyglotte de Vigouroux, qu’a reproduite l’édition de Van der Hoogt d’Amsterdam. Au début du siècle, dans les séminaires, on se servait encore de cette édition (révisée par Hahn et Theil), puis on s’est mis à employer, généralement, les éditions critiques de Rudolf Kittel, de Stuttgart. Or, les premières éditions de Kittel indiquaient bien des Ss et des Ph, pour les petites sections fermées ou ouvertes, mais avaient supprimé l’indicatif des « grandes sections » sacrées⁵.
Désormais (depuis 1929-1937), dans les dernières éditions, reproduites par photocopie, les indications dites « de petite massore » ont été mises en marge, ainsi que l’indication : Ph R Sh, qui manquait en 1905, 1908 et 1913. Ne sachant selon quel critère choisir, ignorant l’échelle des valeurs, les éditeurs indiquent, par ex., à Genèse 6.9 (qui est le début de la séquence de Noé) : à la fois un petit Ph de section ouverte, un grand Ss (de Ss D R) et un petit Ph R Sh… esdraïque… Autrement dit, en plein renouveau des études bibliques, la division traditionnelle sacrée en Ph R Sh, antérieure à toutes les subdivisions pratiques, a disparu dans les éditions critiques, dont se servent les exégètes occidentaux.
Pour augmenter la confusion, l’A.T. fut dépecé, brisé, morcelé pour des raisons de normalisation avant la lettre, en chapitres de longueur approximativement égale. Ce véritable démembrement (les soldats romains, eux, n’avaient pas brisé les os du Christ) date des premières années du 13e siècle. Ce crime a été commis par l’Anglais Étienne Langdon, archidiacre de Notre-Dame, chancelier de l’Université de Paris, mort Cardinal en 1228. Méconnaissant toute division originelle, il découpa le texte inspiré à des fins toutes humaines : la Genèse en 50 chapitres, l’Exode en 40, le Lévitique en 27, les Nombres en 36, le Deutéronome en 34. Au total : 187.
Cette division fut introduite dans l’édition de la Vulgate dite Bible parisienne, dès 1226, et de là, dans toutes les éditions de la Bible, y compris Mardechoï Natan, en 1438, celles-ci l’adoptèrent en plus de leurs anciennes divisions en « grandes » et « petites » sections, ce qui
(suite p. 95)
Vérification / notes projet ★★
- Arithmétique du total : 50+40+27+36+34 = 187 ✅ (retabulé p. 95 avec les autres colonnes).
- Genèse en 12 séquences trinitaires — Bardet situe ici l’origine de sa propre macro-structure de la Genèse (déjà mentionnée p. 92 : rythme 12-11-10.10-11 des Ph R Sh Y M) ; distincte des 50 chapitres de Langdon.
- Point historique notable (grade C, hors gématrie) : Étienne Langdon (Stephen Langton), archevêque de Cantorbéry (et non « archidiacre de Notre-Dame » au sens strict — Bardet simplifie ; Langton fut chancelier de l’université de Paris avant son épiscopat), généralement crédité de la division en chapitres bibliques v. 1205, adoptée par la Bible de Paris (Vulgate parisienne) dès les années 1220. La date de 1226 et la mort comme cardinal en 1228 sont globalement conformes à la tradition historiographique — non re-vérifiées par le projet, hors périmètre gématrique.
- Le Ph R Sh de Genèse 6,9 cité en exemple de confusion éditoriale (Kittel) rejoint la séquence de Noé — sans lien direct établi ici avec Nb29-Souccot-199-47e-np-lien-AT-NT mais à garder en mémoire pour tout futur travail sur les séquences du Déluge.
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