Résurrection de l’Écriture (p. 83)
gueillir de leur science, de leurs pratiques ascétiques, de leurs règles minutieuses qui n’avaient rien à voir avec le souffle de l’Amour. Mais les hommes d’Église ne font-ils pas exactement de même ?… direz-vous, aujourd’hui où l’organisation remplace l’oraison.
Comment ne pas leur accorder de larges circonstances atténuantes ? Les premiers coupables furent ceux qui, au lieu de « crier sur les toits ce qui leur était dit à l’oreille », instaurèrent la discipline du secret, discipline de faux respect, qui n’a jamais servi qu’à permettre à une caste de se prétendre supérieure, et à tout secret (qu’il soit d’atelier ou d’initiation) de se perdre. La discipline du secret instaure le règne des Mandarins.
Qui leur jettera la première pierre ? L’Église romaine n’a-t-elle pas privé laïcs et religieux de la communion quotidienne (ordonnée par le Pater de Luc) pendant près d’un millénaire — depuis le 9e siècle environ jusqu’à Saint Pie X ? Et quelle faim, pourtant, en avaient les Saints comme Mère Thérèse d’Avila ! Pourquoi ? Toujours par suite de ce faux respect, de ce jansénisme larvé qui est le tombeau de l’Amour.
De nos jours encore, le tabou mystique ne sévit-il pas ? Alors que l’Ange Raphaël dit à Tobie : « Il est bon de cacher le secret du roi, mais il y a plus d’honneur et de gloire pour Dieu de le révéler », la plupart des prétendus traités d’Oraison escamotent la fin de la phrase, et les humbles, dans l’impossibilité de vérifier dans le texte, se taisent. Devenus incapables (par peur de leur administration) de contact direct avec Dieu, prêtres et religieux ne se soucient pas de voir révéler les multiples grâces que reçoivent surtout les laïcs, depuis un siècle !
Comment ne pas accorder de larges circonstances atténuantes aux Juifs alors que, depuis deux mille ans, et surtout depuis les derniers siècles, où l’imprimerie a multiplié les éditions de la Thorah, nul savant Chrétien n’a fourni la raison des anomalies grammaticales, des anomalies exégétiques ? Comment reprocher aux Rabbins d’aujourd’hui les truquages des Rabbis des premiers siècles ?
Mais n’est-on pas encore plus stupéfait de voir un savant israélite faire une thèse de doctorat, très approfondie, sur le Verbe sémitique ²⁴ sans même s’apercevoir de la position du Waw, en tête ou en queue, dans le participe, selon que le verbe est à l’inachevé ou à l’achevé ? Or, il n’y a que ces deux possibilités en cette langue d’une étonnante simplicité, le mot même employé pour grammaire : Sh Ph R D Q D W Q, l’indique ! D Q
(suite p. 84)
Note projet : l’anti-ésotérisme de Bardet (« la discipline du secret instaure le règne des Mandarins » ; Tobie 12,7 : « plus d’honneur et de gloire pour Dieu de le révéler ») — fondement du « rien ne m’appartient, tout est vérifiable » de CLG et de la politique de publication ouverte du projet (Quartz, WordPress). Pie X et la communion quotidienne : la sensibilité traditionaliste de Bardet, cohérente avec l’ordre catéchétique du projet (Pie X > Trente > CEC).
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