Résurrection de l’Écriture (p. 52)

Madame Irena Santos, brésilienne, le troisième. Il n’était pas question de battre le champion national, israélien : Amos Hakhan. Ce dernier — par la volonté de Y H W H — n’était ni un rabbin, ni un professeur, ni un hébraïsant professionnel, mais un humble employé de l’Institut pour l’Éducation des Aveugles, à Jérusalem. Un homme pauvre, sans famille et partiellement paralysé qui, depuis l’enfance, a consacré tout son temps libre à la lecture de la Bible. Dans son petit oratoire, il se plaît « à la lecture du Pentateuque, des Haphtaroth et des Meguiloth, qui se fait encore, en beaucoup de communautés en Israël, exclusivement d’après des rouleaux non vocalisés et non ponctués ¹ ». Notez cette caractéristique des écrits « sacrés ».

Notez aussi que le plus grand nombre des Israéliens « n’a qu’une culture hébraïque élémentaire, voire tout à fait inexistante. Une grande proportion, surtout parmi les femmes, ignore la langue nationale ». Néanmoins, les deux tiers de la population d’Israël ont suivi (par radio) le tournoi international. Fait symptomatique si l’on observe qu’à la même date, la grave question : « Qui est Juif ? » se posait en cet État tout artificiel. Les dirigeants prétendaient la résoudre « sans tenir compte de la race ou de la religion », simplement par l’appartenance géographique ! C’était élargir « l’élection ». La vox populi se chargea de les détromper.

Le tournoi international ne pouvait atteindre le niveau du championnat israélien, car il ne portait que sur des traductions. Les concurrents étrangers ne parlaient pas couramment l’hébreu comme les deux « goyim » invités au Jury : le R. P. jésuite North, directeur de l’École Pontificale biblique, et le Pasteur Robert Lindsay. Or, les traductions — même non fautives, ce qui est rarissime — éliminent l’essentiel de la Thorah, les détails de structure, de vocabulaire, de grammaire et d’orthographe vulgaires, mais surtout la grammaire sacrée d’Esdras fondée sur la graphie de position, clef de l’exégèse. Les traductions laissent cependant intacte la structure fondamentale — analogue dans l’Ancien et le Nouveau Testament —, qui reste aussi méconnue, à notre époque, que les hiéroglyphes avant Champollion.

Ainsi, à la question : « Quels furent les trois personnages morts dans une heureuse vieillesse ? » il ne suffirait pas de répondre, avec les concurrents : Abraham, Gédéon et David, énoncés selon la suite des Livres : Genèse, Juges, Rois. Il aurait fallu préciser, selon l’ordre de génération, pour rester dans l’esprit du mosaïsme authentique : Abraham, figure du Père ; David,

(suite p. 53)

Note projet : « la grammaire sacrée d’Esdras fondée sur la graphie de position » — définition de l’esdraïsme de Bardet ; c’est la « numération esdraïque » de CLG.


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