Le trésor secret d’Ishraël (suite)

une connaissance de première main. Il faudrait savoir lire le rabbinique (qui n’a pas de points-voyelles), savoir déchiffrer les manuscrits, connaître tous les euphémismes ou expressions consacrées qui voilent la pensée… L’ombre de Paul Vuilliaud ironiserait sur notre inaptitude, et avec raison.

Mais Jésus est venu pour les petits, les humbles, les pauvres en esprit. Je n’avais nulle intention d’apprendre l’hébreu « de cuisine » allant du rabbinique le meilleur au pire sioniste… en lequel les voyelles sont écrites en pleine, au hasard de l’écrivain. Cela ne m’aurait servi de rien, car il s’agit de connaître simplement les lettres écrites des rouleaux sacrés, celles qui furent imprimées pour tous depuis près de cinq siècles, depuis l’édition vénitienne de Bomberg en 1523 et, de nos jours, diffusées par Kittel. Pas toujours, hélas !

Je n’ai pas eu à apprendre le rabbinique, pas plus que l’accadien, le cananéen ou l’ougaritique. Je n’ai pas eu à faire de la « fausse » musique, encore moins à vocaliser avec les massorètes. J’ai eu, simplement, à examiner la charpente consonantique, à vérifier la structure architecturale, et je suis architecte de profession. Il ne s’agit nullement, comme S. Jérôme, de traduire un rouleau… dans la journée… Bien au contraire, pour tous, le seul travail de première main consiste à copier lettre à lettre les versets que l’on veut comprendre, en attendant d’être capable de les épeler, lettre à lettre… lentement, sans lire d’un trait — comme tout Occidental pressé.

C’est ce que Jésus-enfant a fait sous la direction de Joseph. « En Palestine, depuis plusieurs siècles avant J.-C., chaque israélite était tenu d’avoir un exemplaire du Livre de la Loi, écrit par lui-même, suivant des règles fort méticuleuses. À celui qui hériterait de l’exemplaire de ses parents il était prescrit d’en écrire un personnellement ²⁸. » Qu’on ne s’étonne pas de Jésus, à douze ans (donc dans sa treizième année) assis (et non debout comme un élève) au milieu des docteurs du Temple (Luc 2. 46). Jésus pouvait tout savoir, par connaissance infuse, mais, voulant vivre l’existence humaine pour la juger de l’intérieur, Il a voulu que Joseph Lui apprenne, depuis l’âge de cinq ans, toute l’Écriture Sainte. Il n’a pas été à l’école synagogale (inexistante), comme le romance Robert Aron. Aussi son entourage pouvait dire : « Comment connaît-il les lettres (γραμματα) sans avoir étudié ? » (Jean 7. 14).

Copier des versets lettre à lettre, c’est un travail de colombe et non d’aigle. Chacun peut le faire… Jadis, tout petit Juif l’a


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