Qu’est-ce que la Kabbale ? (suite)
exerçaient sur nous, et aussi parce que ces sujets n’étaient pas livrés à tout le monde… Les textes de l’Écriture étant la seule chose qui fût abordable pour tous… » La « lumière des rabbins » va donc « au lieu de marcher au hasard, comme Philon, ou de recourir, comme les kabbalistes, à des procédés arbitraires… », chercher… « dans la langue même de l’Écriture Sainte… » « les fondements de ses interprétations allégoriques ²⁶. » Si, pour une fois, la mine est la bonne, l’instrument de recherche est tordu. Ce n’est point avec « la philosophie des Gentils », vue à travers le monisme des Arabes, qu’on peut retrouver la « pensée circulaire » de la Trinité !… Aucune correspondance n’est possible par le truchement de la pensée linéaire, qui s’étale du syllogisme aristotélicien à l’équation algébrique cartésienne.
Toujours est-il que celui qu’on a nommé « l’Aigle de la Synagogue », intelligence puissante s’il en fut, est passé tout à côté. C’est qu’il ne faut point d’aigle, mais des colombes, pour accepter de se laisser instruire par les textes mêmes, pour accepter de devenir aussi petit que le « point pur » du Yod, du « Grand Y ». Paul Vuilliaud a fini sa vie plein d’amertume du silence fait, par les faux savants de sa génération ²⁷, autour de ses œuvres probes. Mais ne fut-il pas un peu jaloux du « profond kabbaliste » qu’était le converti Paul Drach ? Dans son refus de « kabbaliser », n’y a-t-il pas l’aveu… qu’il ne le pouvait pas… n’ayant pas trouvé la clef ?
Il est tout à l’honneur de certains chrétiens, comme Pic de La Mirandole, Jean Reuchlin ou Paul Drach, d’avoir voulu retrouver une « bonne Kabbale ». C’est la qualité même de leur christianisme qui les y poussait. Mais ils n’ont pas mesuré la fourberie des kabbalistes forgeant une fausse tradition pour occulter la vraie tradition mosaïque. Les rabbins, eux, se sont contentés de l’occultation par les « qeryoth » ; ils n’ont pas mesuré l’indestructibilité de la grande structure prophétique, ni de la microstructure esdraïque qui m’a permis de retrouver le Mosaïsme, en son entièreté indiscutable.
Un peu de bon sens. Si, pour comprendre les Écritures, il était nécessaire de subir les six ou sept mille pages des deux Ghemaroth, les trois mille cinq cents pages du Zohar, sans parler des autres écrits… l’Ancien Testament (et même, en partie, le Nouveau) serait réservé aux Savants… et aux riches (vu le prix de ces ouvrages rares). Mais encore, l’Occidental ne pourrait le faire qu’à coup de traductions, soit du consciencieux Moïse Schwab, soit de l’étrange Jean de Pavly… ! Ce ne serait point
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