Qu’est-ce que la Kabbale ? (suite)

leurs « substituts », comme s’ils voulaient évoquer sans cesse la Trinité… tout en la dissimulant. Rien de plus frappant, nous l’avons vu, que ces qamets en forme de τ, ces ségols en grappes de trois points, ou ces points uniques qui surmontent, seuls, le Waw ou le Shin, comme l’Étoile des Mages, pour bien nous les indiquer.

Plus étonnante encore est la substitution à Y H W H du nom : Adonaï (hA D N Y), qui est un pluriel (selon la ponctuation massorétique) signifiant « Seigneurs de moi » = « mes Seigneurs ». Ainsi s’adresse Abram aux Trois Hommes qui lui apparaissent en Genèse 18. 3 et nullement, comme on traduit : Mon Seigneur, Dominus. Cela confirme que les massorètes antérieurs connaissaient encore la pluralité des Personnes définies par le Tétragramme. Remplacer par un pluriel comme Élohim le singulier Y H W H, c’est vouloir « dérober la clef », tout en l’affirmant malgré soi. Depuis Drach, les rabbins s’en sont aperçus. On prononce le Tétragramme, soit : Adonaï, soit : Élohim, mais seulement pendant la prière. M. Horowitz déclare : « Pour ne pas le profaner (?) en toute autre occasion, on lit : hA D Sh M et hA L Q Y M. Dans le langage courant on dit : H Sh M (on écrit en abrégé : H) », c’est-à-dire l’article : « Le » ²⁴. Il sera difficile d’abréger davantage désormais… Seul subsiste l’Esprit… Hé.

Pourquoi supprimer le nom ? Pour mentir à l’aise ; en effet, le 3e Commandement prescrit : « tu n’invoqueras pas le Nom de Y H W H, ton Élohim, à l’appui du mensonge. » Exode 20. 7.

Avec l’approbation de l’hébraïsant Grégoire XVI, le Rabbin converti Paul L. B. Drach s’est montré un défenseur convaincu d’une « véritable Cabale ». Malheureusement, les nombreux exemples trinitaires qu’il cite ne sont guère fondés que sur les accents massorétiques, et il n’a point saisi que « l’ancienne et bonne cabale », comme il dit ²⁵, était fondée sur la grammaire esdraïque sans points. Drach essaie de « reconnaître les restes de l’ancienne cabale au milieu du fatras rabbinique où ils sont perdus ». Il examine le langage, le style et pose comme principe que « toutes les fois qu’un passage exprime un article de la croyance catholique, nié par les Juifs, en termes dont on n’a pas besoin de forcer le sens, vous pouvez être certain que ce passage n’a pas été fabriqué par les rabbins ». C’est de simple bon sens. Mais là encore, Drach ne fait qu’utiliser des textes tous très postérieurs aux 4e ou 5e siècles avant J.-C., époque


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