Le trésor secret d’Ishraël (suite)

plus rationalisé, beaucoup plus général, beaucoup plus accessible à l’Occidental. Et partout, reparaissent — différemment présentées suivant la générosité ou l’ambition de l’intellectuel juif qui les traite — les questions du Noachisme et de la Kabbale, cette philosophie barbouillée de syncrétisme. On voit que le « renouveau » des études hébraïques et surtout kabbalistiques n’est point destiné aux seuls spécialistes. Qu’il s’agit d’une entreprise comparable à celle du mythe indo-germanique, et qui n’a pour but que le retour à la suprématie politique du « peuple élu ».

En attendant de recevoir la « théologie kabbalistique » selon les directives de Benamozegh, la Maçonnerie dispose d’un alphabet symbolique dont les lettres sont composées de traits contenus dans un carré. Serait-ce un pastiche simpliste de l’alphabet carré Ashury ? Notons que ce ne sont pas les lettres hébraïques mais les chiffres (dits arabes) qui, eux, sont issus du carré et de ses diagonales. La légende attribue ces dessins de chiffres au chaton de la bague de Salomon ! Pratiquement, la Maçonnerie utilise, dans ses documents officiels, non cet alphabet, mais des initiales, suivies de trois points (disposés à l’inverse du ségol massorétique). On écrit : le G∴ O∴ de France. Kabbalistiquement, on écrit le Pardes (paradis) : Ṗ Ṙ Ḋ Ṧ avec ces trois points au sommet.

Depuis vingt ans, cette coutume des initiales (fondement du notarikon) a tout envahi. L’O.N.U. et l’U.N.E.S.C.O. ont donné le ton ; mais on a supprimé deux points sur trois, il n’y a pas de petites économies !… Les hommes croient, ainsi, avoir affirmé leur puissance par cette multiplication de sigles, substitués aux langues originelles. Mais Dieu se rit d’eux, car Il les a conduits à redécouvrir la valeur des lettres séparées, déterminatives. Il les a forcés à réapprendre à épeler, en vue de la redécouverte de Son Écriture à Lui, la Vraie. Tout comme Dieu les a éduqués — malgré eux — à comprendre la nécessité de passer du linéaire au circulaire, la nécessité de la table ronde pour assurer l’égalité des personnes… Depuis quarante ans j’observe mes voisins, dans les moyens de transports, s’évertuant à trouver les lettres manquantes dans les mots dits croisés. Là encore, ils redécouvrent le nombre des lettres, ils écrivent chaque lettre, la pèsent, la soupèsent… Qui a inventé cette mode et ces combinaisons ? Tristan Bernard, israélite à la mode durant l’entre-deux-guerres. De Patrick Geddes à Tristan


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