Qu’est-ce que la Kabbale ? (suite)
de la vérité religieuse ¹⁴. Ce n’est pas par hasard si l’on a cherché à attribuer (sans fondement, d’ailleurs) au « peuple élu » anglais (Briton provenant de Berith ?) l’héritage des « dix tribus perdues » d’Ishraël. « La race », déclarait, en 1880, D’israëli, Premier ministre de Victoria, « est la clef de l’Histoire ». Hitler l’a suivi…
L’antisémitisme contre-attaque.
Ce « peuple élu » anglais judéo-maçonnisé s’est heurté à un autre « peuple élu », le germanique, qui lui, n’a point procédé politiquement, mais par falsification scientifique. Entre la destruction du texte biblique par la Bible-arc-en-ciel de Haupt et la destruction méthodique des Juifs, il y a continuité parfaite de vue. Au racisme exacerbé de la Kabbale et du Zohar s’opposait le racisme déjà perceptible chez Goethe ¹⁵.
Tout l’effort du « scientisme » humain déclenché au « stupide 19e siècle » consiste à échapper à la vérité. L’attaque contre la mission surnaturelle des Hébreux a commencé avec la « fausse science » germanique. En 1808, Schlegel affirme l’unité indo-germanique des langues (que l’on appela, par la suite, indo-européennes), qui va du sanscrit à l’arménien en passant par le hittite, le grec, l’italique, le germanique, le slave, etc. Ce qui caractérise cette « fausse science », c’est son invention de mythes. On présume, par la suite, l’existence antérieure, « bien qu’aucun document » ne puisse l’attester, d’une langue dite : indo-européenne ! Les spécialistes de la grammaire comparée sont forcés de reconnaître : « Rien ne nous dit quelle espèce de peuple parlait cette langue… Où se parlait cette langue primitive. Nous n’en savons rien non plus ¹⁶. » Néanmoins, le mythe a prévalu car il s’agissait de détruire le seul témoignage que nous possédions : le texte sur la Tour de Babel, confirmé récemment par le déchiffrement des textes sumériens ¹⁷. Mais ce que toutes les recherches ont démontré, par contre, c’est que la source de toute écriture alphabétique est dans le creuset protosémitique.
Le second « coup de canon » germanique fut lancé par la « Bible-arc-en-ciel », la Bible polychrome, publiée sous la direction de Haupt, à Leipzig, à partir de 1894. Elle inaugurait le découpage du texte en lambeaux… en inventant de nouveaux mythes : version Yahviste, version Éloïste, Code sacerdotal… Si des exégètes de bon sens ont montré la grossièreté et l’absence
Note. Page à lire dans son contexte argumentatif propre : Bardet y dénonce le racisme (anglais puis germanique) et la pseudo-science indo-européaniste, en défense de la thèse sémitique/mosaïque de l’origine de l’écriture alphabétique. La mention de Hitler renvoie à une citation de Disraeli (1880) présentée comme prémisse du racisme ultérieur — elle n’est pas endossée positivement par l’auteur, au contraire du sens de la section (« l’antisémitisme contre-attaque »).
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