Qu’est-ce que la Kabbale ? (suite)

de l’israélite écossais Patrick Geddes… créateur du regional survey? Rien d’autre que des permutations, d’ordre kabbalistique. William M., juif écossais qui m’avait apporté des documents secrets sur la Banque d’Angleterre », m’avait également confié les « combinaisons » et manuscrits de Geddes… Rien à en tirer.

Mais, bien avant, quelle est l’origine des « Règles pour la direction de l’Esprit » de Descartes ? Quelle est celle de son arithmétique généralisée ? Cette arithmétique généralisée, c’est l’algèbre, non l’algèbre vulgaire, mais une algèbre encore plus générale. Descartes ne s’arrête pas là ; cette méthode, si générale qu’elle soit, n’est pas encore universelle puisqu’elle ne s’applique qu’à des grandeurs mathématiques. La vraie méthode « consiste donc dans un art de combiner ou d’ordonner », analogue à l’algèbre… « jusqu’à ce qu’on arrive, enfin, à la combinaison qui donne la solution de la question ». Cet art combinatoire est à la base même de la gématrie, du notarikon, de la thémourah, c’est-à-dire des procédés techniques de la Kabbale. On a vu le résultat d’une si belle méthode, dès qu’elle se heurte à la réalité. La physique de Descartes fut un roman, auquel s’opposa le solide sens expérimental de l’Auvergnat Pascal. Descartes, esprit combinatoire, qui introduisit les méthodes mathématiques dans la philosophie, n’était pas un esprit scientifique. Il n’était pas « soumis aux faits ». Comme l’a noté André Gide dans son Journal, le cartésien « n’accepte pas de se laisser instruire ». Il cherche la combinaison qui lui permette de prouver ce qu’il veut, lui, être la réalité. Tout kabbaliste agit ainsi ; tout orgueilleux intellectuel de même.

Quels furent les contacts de Descartes avec les Rose-Croix allemands ? Ses dénégations étant « de règle », nous n’en saurons jamais rien. Qui nous dira ses entretiens, durant les longs hivers hollandais, « dans son poêle », avec les vieux juifs que, de son côté, peignait Rembrandt ? Certes, sa transposition philosophique est géniale vis-à-vis des petites « combinazzione » du ghetto. Mais le but reste le même. Descartes reste le crie : front bas, paupières lourdes, bouche dubitative, sinueuse, insérée entre un nez trop long et un menton trop haut, obstiné. C’est bien là l’homme possédé par la volonté de puissance, qui veut mesurer le monde à son aune. Il jouissait d’exercer sans résistance (!) cette volonté sur sa « fille », c’est-à-dire le robot, l’automate, qu’il avait conçu, en bon luciférien qu’il était, et auquel il attribuait, bien entendu, le deuxième sexe.


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