Qu’est-ce que la Kabbale ? (suite)
Tout au contraire, les rabbins français, contemporains, n’oublient jamais, eux, de rappeler que Genèse (9. 6) proclame tous les hommes frères et à l’image de Dieu, et que Lévitique (19. 34) énonce : « l’étranger (G W Y) qui vit avec toi, tu l’aimeras comme toi-même ». Voir aussi Deutéronome (10. 19) : « Vous aimerez l’étranger (G R), vous qui fûtes étrangers au pays d’Égypte. »
Le nationalisme juif n’était plus de mise au début du siècle, sans pour cela remonter aux déclarations de Samuel Cahen : « La Palestine n’est pour nous qu’une terre étrangère, en Afrique !… En quoi le lait et le miel y seraient-ils meilleurs que celui que nous avons en France… ? » Je cite de mémoire, … mais c’était bien le ton. Depuis trente ans, au contraire, nous assistons à un revirement, à un nouveau Messianisme International qui se cherche des ancêtres. En même temps que décline l’influence rabbinique, et que le libéralisme submerge tout, nous constatons une véritable résurgence des études judaïques, qui se traduit par des publications de propagande, ou de main tendue. Au Talmud on cherche à substituer la Kabbale, et la pire.
Certes, Henry Serouya cherche à dominer le caractère psychique, à éliminer la magie grossière, mais il méconnaît la distinction fondamentale entre psyché et pneuma et appelle Y H W H Yahweh ! Il ne reconnaît pas que le Zohar n’est qu’une « droge » pour intellectuels ; n’est-ce pas ce qu’il y a cherché durant l’occupation ?
Guy Casaril, dans un récent ouvrage, bien documenté, insiste sur le caractère mystique de la Kabbale ⁸. Il évoque la figure de « la Lampe Sainte », le légendaire Siméon Bar Yochaï, de l’époque gaonique (2e siècle après J.-C.) ; puis la Kabbale extatique d’Aboulafia, le lourianisme et l’hassidisme. Fort habilement, il relègue le sabbatianisme parmi les « hérésies d’inspiration cabbalistique ». Mais il faut toujours en revenir à distinguer les trois aspects : états mystiques provoqués, théosophie, procédés techniques, plus ou moins emmêlés, qu’offre la Kabbale. Les états provoqués d’Aboulafia et ses disciples proviennent d’une sorte de yoga hébraïque, vomi, à juste titre, par la Synagogue ; cette théosophie a fait son chemin dans les Sociétés secrètes ; elle se heurte maintenant au courant indouiste, si largement subventionné… L’hétérodoxie des deux, vis-à-vis du Talmudisme comme du Mosaïsme, ne fait aucun doute.
Restent les procédés techniques, qu’il faut bien reconnaître comme spécifiquement judaïques, et pour cause. Aucune autre
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