Qu’est-ce que la Kabbale ? (suite)

que la Kabbale est Trinitaire… et ne peut être autrement que Trinitaire, soit par tradition renouée, soit par simple examen des structures. Pour ne pas le voir, il faut se boucher les yeux. C’est bien pourquoi le Talmud s’est élaboré totalement à l’écart des rouleaux ; la majorité de ses citations sont inexactes. S’il s’était appuyé sur le texte authentique, il n’aurait pas échappé à la Trinité.

Ajoutons, d’ailleurs, que les kabbalistes ne respectent guère mieux les textes. Ils lisent le premier mot de la Genèse « B R hA Sh Y Sh » au lieu de B R hA Sh Y Th… pour en conclure : « tout a été créé par Sh Y Sh » c’est-à-dire : Six… ce qui est vrai, car six est le Waw et le Sh est sœur du Waw. Mais cela détruit la numération… Et il n’y a nul besoin de truquer les textes pour retrouver, intacte, la tradition esdraïque.

Il est fort heureux que les Juifs aient dressé, d’eux-mêmes, une « haie » infranchissable, qu’ils aient été les gardiens vigilents du texte, sans quoi les critiques auraient beau jeu pour le prétendre interpolé par les premiers Chrétiens.

En voici, d’ailleurs, un savoureux exemple, concernant le Zohar. cet extraordinaire ouvrage kabbalistique que Moyse de Léon a révélé, au 13e siècle, et dont nul ne connaît la véritable origine. Il est pour les kabbalistes ce que le Talmud est pour les rabbins.

Dans un avant-propos, Samuel Cahen, rationaliste et admirateur du Docteur Zunz, écrit : « Depuis longtemps je soupçonne le Zohar d’avoir été composé dans un couvent, par une réunion de rabbins espagnols convertis, et où, pour répandre le manuscrit, on l’aura transmis à un calligraphe dissipateur ; tel était Moyse de Léon ; on était sûr qu’il garderait le secret et en tirerait parti. Une nouvelle lecture que je fais du Zohar me confirme dans ce soupçon. Dès les premières pages, les trois premiers mots de la Genèse deviennent trois substances distinctes, procédant les unes des autres. On fait ressortir l’importance de la hA M Y R hA, de la parole, du Verbe. En quoi ce début diffère-t-il de celui qu’on attribue à Saint Jean ? Il est même plus explicitement trinitaire ⁵… »

Qui dit mieux ? Hélas ! ce ne sont point des moines qui ont composé le Zohar, car les Chrétiens n’en seraient pas, au 20e siècle, à ignorer le Trinitarisme de la Thorah, explicité en Cinq Modalités. Et Moyse de Léon a, certainement, transmis des lambeaux de tradition, des lambeaux de vérité, Warheitsfetzen. Vous le vérifierez aisément. Si, comme l’écrit S. Cahen : « l’acte, l’agent et


Note (v. l’Index-lieux et Pistes-ch10) : Bardet oppose ici deux lectures du premier mot de la Genèse : la lecture kabbalistique erronée B R hA Sh Y Sh (« Sh Y Sh » = six, valeur du Waw) contre la lecture esdraïque correcte B R hA Sh Y Th (בראשית). À rapprocher de la vigilance déjà notée p.336 (ch. IX) sur une confusion Sh/Th similaire.


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