Le trésor secret d’Ishraël (suite)
L’utilisation de l’occulte a pour but de singer l’œuvre de l’Esprit-Saint, qui procède par douces pulsions, dans le secret du pneuma. Les Sociétés Secrètes cherchent à reproduire l’action de la grâce dans la psyché. Par essence lucifériennes, elles sont précipitées au plus bas chaque fois qu’elles croient triompher.
Dans l’introduction à son Cours de théologie juive ¹, Lazare Wogué, à l’époque grand Rabbin de Metz, la définit : cette « plante exotique si vigoureusement cultivée par le judaïsme qu’on a pu l’y croire indigène ». L. Wogué représentait la tradition de la synagogue, opposée à l’esprit rationaliste d’un Samuel Cahen, de son époque. C’est un érudit sérieux, objectif, nullement mystique. Avant lui, le Rabbin de Breslau, Heinrich Graetz, qui, en son Histoire (juive) des Juifs, tend sans cesse à amenuiser les faits, devenait agressif dès qu’il s’agissait de la Kabbale : « Elle ne repose, en réalité, que sur l’erreur. On peut tout au plus admettre, comme circonstances atténuantes, que ses créateurs se sont trompés de bonne foi. Ses doctrines sont, pour la plupart, de date assez récente et tout à fait étrangères à l’esprit du judaïsme, elles se rattachent en partie à l’époque de décadence de la philosophie grecque. Selon toute apparence, elle aurait échoué misérablement, malgré les efforts d’Ezra et d’Azriel, si elle n’avait pas trouvé un défenseur éminent dans Nahmani » (T. IV, p. 186). Les Rabbins n’étaient pas dupes. À leur suite, des vulgarisateurs comme Théodore Reinach écrivent : « La Kabbale, comme un poison subtil, se glisse dans les veines du judaïsme et l’infeste tout entier. » Pour Salomon Reinach, « c’est une des pires abberations de l’esprit humain ». Telle fut la chanson avant la guerre de 1940.
Le Rabbin Karpe, disciple de Renan, précise. On embrasse « dans le mot de kabbale tout le mysticisme juif. Or, c’est là précisément que gît le nœud de la question. Il s’agit de savoir à quel moment le mysticisme juif prend le nom de kabbale. Et ce n’est pas seulement une question de dénomination. Il y a plus. Il s’agit de distinguer le mysticisme juif, tel qu’il apparaît à ses origines et dans les premiers temps de son développement, d’avec le mysticisme ultérieur, tel que l’ont façonné l’époque « gaonique », c’est-à-dire après la destruction du Temple, « et le moyen âge ² ».
Disons tout de suite que la Kabbale — sous sa forme actuelle de syncrétisme — ne pouvait prendre naissance qu’après l’envahissement de la Syrie par Alexandre le Grand (fin du 4e siècle). Elle ne peut qu’être postérieure à la réforme d’Esdras, alors que
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