La Structure Duelle (p.331)
la danse du ventre. Est-ce intuition ? rappel de la tradition immémoriale d’une Vierge-Mère ? La parthénogenèse a montré, depuis, que, pour une naissance charnelle, une matrice charnelle suffit. La conception (aux niveaux inférieurs de l’être) peut être déclenchée par des processus chimico-électriques. Et le cas-limite de Marie reste naturel, dans sa modalité initiale, par rapport au surnaturel modal de la naissance de Jésus, la source restant « scellée ».
Le langage populaire identifie le « 2e sexe » et le « beau sexe ». C’est nous rappeler que le beau, comme le bon, est en acte achevé par rapport à l’être simple. Que le second, dans la Création, est un achèvement, une perfection par rapport au premier. La volonté-amour est plus parfaite que l’intelligence et conduit à la perfection. Dans l’A.T., le puîné l’emporte toujours sur l’aîné. Dans le N.T., « les derniers seront les premiers » ne fait que répéter la leçon. La femme est plus parfaite que l’homme. C’est pourquoi seule Marie, pure créature, ose dire, aux Tre-Fontane : « Je suis Celle qui suis dans la Trinité Divine. »
Dans l’Incréé, il n’y a pas de second. Pour nous le graver en mémoire, S. Jean écrira, trois fois de suite, dans l’Apocalypse (1.8, 21.6, 22.13) : « Je suis l’alpha et l’ô », et non pas l’ôméga en toutes lettres. Il s’agit de l’ô, substitut du Waw hébraïque dans l’alphabet grec, et non d’une « dernière lettre » ordinale comme le Thaw. Si le P. Teilhard a di-vagué scientifiquement et théologiquement, son Point Oméga n’a jamais été autre chose que le Christ. Sur les tombes chrétiennes primitives, on trouve toujours le A majuscule et le ω minuscule.
Bien mieux, la première fois, le texte grec ne porte nullement « le principe et la fin », ajouté par la Vulgate qui n’a pas compris. La deuxième fois, il y a « αρχη et τελος », mots qui ne signifient pas « le commencement et la fin » mais, en prenant les sens premiers de ces mots grecs, bien plus riches de substance : « l’en-avant et l’achèvement », ce qui traduit on ne peut mieux la structure grammaticale hébraïque. La troisième fois, il y a deux qualificatifs (vous vous y attendiez sûrement) : d’abord : Πρωτος et εσχατος, c’est-à-dire « le plus-en-avant et l’extrême » — puis un redoublement de « l’en-avant et l’achèvement » précité.
Avec Jean le bien-aimé, on ne sort pas un instant de la structure hébraïque. Jean, le premier-né à l’Amour du Christ, est le plus authentiquement hébreu.
Quant à la Théogonie, c’est-à-dire la façon dont s’engendrent, non point les Dieux, mais les principes, il n’en est point question
Notes projet
Argument philologique fin (prolongeant p.317) sur les trois occurrences d’« alpha et ôméga » dans l’Apocalypse (1:8, 21:6, 22:13), chacune accompagnée de qualificatifs grecs différents que Bardet retraduit en cohérence avec la structure grammaticale hébraïque (« l’en-avant et l’achèvement » plutôt que « le commencement et la fin »). Jugement notable et mesuré sur Teilhard de Chardin : « a di-vagué scientifiquement et théologiquement », mais son Point Oméga identifié avec justesse au Christ — une des rares reconnaissances positives, bien que critique, d’un auteur contemporain dans ce chapitre. Thèse théologique centrale : « la femme est plus parfaite que l’homme » (argument de préséance du dernier/puîné sur le premier/aîné, cohérent avec la logique du chapitre). Référence à la parthénogenèse comme fait biologique distinct du caractère « surnaturel modal » de la naissance virginale. Pas de valeur EFP hébraïque sur cette page.
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