Le Grand Complot contre IshRael (p.251)

soit 414, et le nombre des formes uniques, soit : 1 301, en n’incluant pas, hélas ! les formes rencontrées dans les portions araméennes de l’A.T. (on disait chaldéennes, jadis). Or, c’est justement là que se trouvent les clefs majeures… Tous ces mots « insolites » ouvrent de grandes possibilités d’interprétation mystique, doublées par leur caractère de lettres-nombres. Sans l’emploi des lettres-nombres, les mots les plus importants — car les plus insolites — parfois forgés par l’écrivain inspiré restent hermétiques. La connaissance des 500 racines ne sert de rien… Tandis qu’il suffit de connaître les dix signes décimaux pour pouvoir tout relier et, surtout, tout contrôler, vérifier, quelle que soit votre langue nationale !

Parachuté dans une île.

Ce qui surprend fort l’étudiant en hébreu, c’est qu’il doit apprendre à lire en commençant par le plus difficile : le Grand Récitatif de la Création, où les anomalies se multiplient : les eaux (H M Y M) y sont appelées, au 6e Jour : H Y M !!! ; le couple Z R chA Z R chA signifie, l’un le verbe : semer, l’autre le nom : semence… etc. L’étudiant a recours aux dictionnaires, mais ceux-ci n’ont pour fondement et références que l’A.T…, qu’ils « éclairent » par la traduction des Septante ou la Vulgate de S. Jérôme, lesquelles démontrent assez qu’elles ont perdu la clef. On a recours à des versions samaritaine, chaldaïque, arménienne, slavonne… et j’en passe. Nous sommes dans une île et nous y restons. C’est bien pis, d’ailleurs, avec la philologie, qui a recours à l’assyrien, au persan, à toutes les langues mésopotamiennes profanes pour expliquer une écriture sacrée de lettres-nombres. Autant recourir à une chanson folklorique pour expliquer des équations ! Imaginer qu’Esther et Mardochée portent des noms persans parce qu’ils ont des homonymes : Ishtar ou Marduk, ne fait qu’égarer. Ce qui compte c’est que (selon l’orthographe choisie) hA Ss Th R = 58. 13. 4, soit la nièce de M R D K Y = 58. 13. 4.

C’est justement parce qu’il s’agit d’un milieu clos sur lui-même (et sur-clos, avec la « haie » des Massorètes) que toute explication doit être interne. Il ne peut y avoir d’exégèse qu’interne, dont les recoupements se multiplient comme des centaines de boules en un billard… sphérique. Et seule, cette exégèse « en île » est purement scientifique, car elle n’introduit pas des éléments étrangers (cf. chap. XI).

Notes projet

✅ Vérification MCP : מרדכי (Mardochée) = [58.13.4] ✓ exact — rejoint le cluster [58.13.4], désormais attesté au moins 12 fois dans le corpus (אסתר, ירמיה, אשורי, בר אנש, קהלת ch.VI, מרדכי ici, et les occurrences antérieures des chapitres III-VI). Bardet lui-même souligne explicitement la convergence Esther/Mardochée sur cette page — c’est donc une convergence documentée par l’auteur en 1970, non une découverte de notre relecture.

Argument méthodologique central du chapitre : l’hébreu biblique est un système clos (« île »), auto-référentiel, dont l’exégèse doit rester interne — critique du recours aux langues mésopotamiennes profanes (assyrien, persan) pour expliquer des noms bibliques (Esther/Ishtar, Mardochée/Marduk jugés comme fausses pistes étymologiques). Position méthodologique cohérente avec le principe déjà établi du projet : spécificité massorétique, corpus de contrôle.


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