La Clef de David (p.229)
FIG. 29. — LITURGIE CULINAIRE.
(Schéma : cercle traversé par une croix, avec aux quatre points cardinaux : « Lait » en haut (lettre ה), « Huile » en bas (lettre ה), « Viande » à gauche (lettre י), « Légumes » à droite (lettre ו).)
FIG. 29. — LITURGIE CULINAIRE. « La cuisine juive comprend au moins 4 batteries de cuisine d’ustensiles et de vaisselle complètement différentes, depuis les casseroles jusqu’aux couverts, en passant par l’argenterie, les plats, assiettes, tasses et soucoupes, les ustensiles en fer, en aluminium, en cuivre, en émail, en bois ; ces objets sont d’aspects extérieurs autres suivant qu’ils appartiennent à une batterie ou à une autre, à une sorte de vaisselle ou à une autre ; jamais ces ustensiles, couverts ou vaisselle, récipients, ne peuvent se confondre, se toucher ou se trouver sur une même nappe, sous peine d’être mis immédiatement hors service. »
« Tout mélange de lait et ses produits d’un côté et la viande et la graisse de l’autre côté, est strictement défendu. Ainsi, la viande ne peut être cuite au beurre, les légumes (cuits à l’eau) ou le potage mangés avec de la viande ne peuvent contenir du beurre, du lait ou du fromage. » « Le sang n’est pas seulement défendu comme aliment, il ne peut être utilisé d’aucune manière », nous apprend Alex. D. Van der Horst, dans un ouvrage dédié à sa mère juive, La Vie familiale juive, Bruxelles, 1922 (p.66).
Alors que la femme ne jouait aucun rôle à la Synagogue (il fallait 10 hommes de plus de 13 ans), c’est elle qui a conservé en sa cuisine la structure du Tétragramme :
— Père : végétal, légumes, fruits, céréales. — Fils : animal saigné à blanc. — E.P. : gras végétal (huile, beurre végétal). — E.F. : gras animal (lait, beurre, fromage).
Quant au pain : L cH M = 44.17.8. : « Lui seul parmi tous les aliments exige une bénédiction spéciale… »
Ces prescriptions alimentaires constituèrent un véritable ghetto moral. Aucun Juif ne pouvait aller manger à la table d’un Chrétien. Aucune réunion amicale fréquente, longue, détendue, renouvelée, ne pouvait se produire entre familles juives et non juives. Aucun État tyrannique n’a trouvé pareil mode d’esclavage.
N.B. L’eau grégorienne, à usage liturgique, distingue minéral et végétal (plus de sacrifice sanglant). Y : sel, H : eau, W : cendre de bois, H : huile. Elle fut composée au 6e s. par S. Grégoire le Grand.
Notes projet
✅ Vérification MCP : לחם (« pain ») = [44.17.8] ✓ exact.
Fig.29 applique la structure du Tétragramme (Père/Fils/Esprit du Père/Esprit du Fils) aux quatre catégories d’aliments de la cacherout (végétal/animal/gras végétal/gras animal), disposées aux quatre points cardinaux d’un schéma circulaire. Argument socio-historique de Bardet sur le rôle de la femme dans la transmission de cette structure via la cuisine, et sur les lois alimentaires comme facteur d’isolement social (jugement critique de l’auteur, transcrit sans commentaire de notre part). Référence à l’eau grégorienne (rite catholique, 6e s., composée de sel/eau/cendre/huile selon un schéma similaire Y-H-W-H).
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