La Clef de David (p.227)

Chantez le Nom (pas du tout) ineffable.

Comment se prononçait Y H W H ? Je n’en avais cure, fidèle à mon principe de ne pas m’occuper de ce qui ne me regarde pas. Comment aurais-je pu, d’ailleurs, prévoir que ce Tétragramme allait m’être indispensable ? Si je commençais à bredouiller les premières phrases de la Genèse, je me perdais dans la vocalisation (ignorant que les rouleaux n’étaient pas ponctués). Si je comparais les traductions, j’étais stupéfait de l’incohérence que je rencontrais en tous les auteurs, qu’ils fussent Juifs, Protestants ou Catholiques. J’étais peu encouragé à continuer étant, par métier, extrêmement sensible à la non-cohérence. Prédestiné à m’occuper d’Aménagement de l’Espace, j’ai — dès 1934 — classé organiquement les grands problèmes d’Urbanisme, les portant de trois à cinq (déjà !). Réussir cette cohérence entre le sol et les hommes est une œuvre de synthèse qui réclame, avant tout, une sensibilité artistique. Certes, il faut de sérieuses bases en technique et en sciences humaines, en cultures diverses et en philosophie, mais c’est, finalement, une question de « coup d’œil ». Or, dès qu’il s’agissait d’études sur le Qoran ou sur la Thorah, je ne rencontrais qu’entrelacs ou incohérence, escamotage ou mensonge…

Il y avait un problème. Mon ami Albert Frank-Duquesne prononçait curieusement, lui, un Jahvé, intermédiaire entre Jéhovah et Yahweh ¹⁵ ! Je renonçai sagement à toute hypothèse sans fondement. J’étais disponible, sans idée préconçue. L’Esprit se devait d’intervenir.

En 56, je reçois une lettre d’une carmélite dans le siècle, qui m’écrivait à la suite de mon livre : Pour Toute Ame vivant en ce Monde, elle me demandait de lui expliquer ce qui lui arrivait…

Voici les faits qu’Odile m’exposa, en plusieurs fois, avant de me rencontrer, en réponse à ma première lettre.

« C’était le 30 janvier 56, anniversaire de mes noces spir.[ituelles]. J’ai senti ma gorge s’enfler, se gonfler plutôt, démesurément et aussitôt en sortir un souffle puissant qui prononçait en plusieurs voix distinctes (je pense 3 voix) un son long et continu où le « A » dominait. Contrairement à ce que vous pensez, je ne me souviens pas d’avoir remarqué de consonnes. A part, si vous voulez, une sorte de H aspiré, H que forme lui-même le souffle. »

Notes projet

Section autobiographique de Bardet (activité professionnelle d’urbaniste dès 1934) et début du témoignage mystique d’« Odile », carmélite dans le siècle, rapportant une expérience de « prononciation » du Tétragramme en 1956. Pas de valeur EFP sur cette page — matériau narratif/mystique.


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