La Clef de David (p.223)

Y H W H, « déroulé » explicitement à Moïse (Exode 33.19) et par lequel on doit « jurer », autrement dit, appuyer toute démonstration.

Le précepte trinitaire : « C’est Y H W H, ton Élohim, que tu dois craindre (P), c’est lui que tu dois servir (F), c’est par Son Nom que tu dois jurer » (E) (Deutéronome 6.13), n’est jamais cité par les Rabbis. On l’escamote. C’est par une désobéissance coupable, un faux respect, et à la suite d’un mauvais usage ¹⁰, que le Nom de Y H W H a été déclaré « ineffable », prononcé à voix basse, puis — progressivement — retiré du peuple, remplacé par Adonaï, et enfin, par le Yahweh postfabriqué des faux savants germaniques du « stupide 19e siècle ! »

Il est d’ailleurs absolument anormal que les linguistes, qui s’attaquent toujours aux noms propres en premier pour déchiffrer une langue ancienne, n’aient précisément pas cherché la structure du Nom des Noms, le seul « propre », stricto sensu, les autres étant d’anciens noms communs. C’est un Nom qui ne s’énonce pas linéairement, mais qui se déroule. La Jewish Encyclopedia (article : Great Synagogue) observe que « le mot : H G D W L, en Néhémie 8.6, indique qu’Esdras prononça le Grand Tétragramme dans sa prière à Dieu » avec force, à haute voix. Certes, la formule employée par Esdras : « Y H W H le Dieu le Grand », Y H W H H hA L H Y M H G D W L, était déjà de structure trinitaire. Le mot H G D W L, qui signifie : le grand, le fort, indique également, nous l’avons vu, celui qui s’enroule, qui spire. Et ce, d’autant plus que L et H sont deux indicatifs de mouvement, ici disposés en circuit fermé : H L. Vous retrouverez la raison profonde de toutes les torsades qui, comme celles des Tsitsith, doivent « rappeler sans cesse en mémoire les commandements de Y H W H » (Nombres 15.39). Mais encore, il nous faut observer que G D L, dans la célèbre formule du Deutéronome 10.17, est écrit en écriture défective. Il se prononce, tout autant, GaDoL, mais ici, il est écrit en pleine, avec le W d’appartenance.

Cette graphie attirant notre attention, il fallait encore savoir que : « le grand » indiquait le Tétragramme, tout comme « le court » et « le long » (en langage massorétique) indiquent le Yod et le Waw… Si ce mot G D W L a un tel sens symbolique, ne peut-on penser que la Grande Synagogue : K N Ss Th (62.17.8) H G D W L H (35.26.8), est véritablement la Synagogue du Tétragramme… ? Ses nombres nous le confirment aussitôt. La tradition qui fait s’éteindre cette Grande Synagogue avec Shiméon

Notes projet

✅ Rappel de valeurs déjà vérifiées (chapitre V, p.179) : כנסת = [62.17.8] et הגדולה = [35.26.8] — Bardet reprend ici exactement les mêmes valeurs pour construire un nouvel argument : la « Grande Synagogue » (K N Ss Th H G D W L H) serait « la Synagogue du Tétragramme » en vertu du sens symbolique de « grand » = Tétragramme développé sur cette page. Belle cohérence interne du texte de Bardet entre les chapitres V et VI.

Argument théologique central : Deutéronome 6:13 (structure trinitaire P/F/E : craindre/servir/jurer par le Nom) jamais cité par les Rabbis selon Bardet ; critique du remplacement du Tétragramme par « Adonaï » puis par le « Yahweh » de l’érudition allemande du 19e siècle (jugement polémique propre à l’auteur).


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