La Clef de David (p.220)

pour saisir certains entrelacs, celle de tous les expérimentateurs. Mais cette attention n’est possible que grâce à une sorte de participation à l’objet observé. Sans cette sympathie, au départ, sans estime pour le texte sacré et pour ceux qui l’ont conservé avec tant de soins, pas de trouvailles possibles. Pas d’honnêteté sans l’estime de l’autre. Faut-il le redire ? Je n’ai jamais choisi les exemples qui m’ont conduit à des séries. J’en suis toujours au glanage d’un débutant. Parfois, je pratique des sondages mais je ne me suis jamais livré à un ratissage systématique ; lequel d’ailleurs n’est pas adéquat à l’étude d’un organisme… spirituel. Quand j’ai été forcé de le faire (chap. XI et XII), je suis justement tombé sur un système conçu de main d’homme.

Aussitôt, la forme même des explications change… Elles deviennent plus contournées. Tant que les coordinations proviennent directement du Verbe, elles sont universellement et immédiatement compréhensibles. Tandis que les esdraïques étant sémites, leur forme de pensée est typique : elle zigzague au lieu de se prolonger en échos rythmés. Paradoxalement, les balises bien alignées des sphinx vous conduisent à des entrelacs spirituels, tandis que les entrelacs graphiques des lettres-nombres convergent, surnaturellement, vers la Clef ! La distinction des deux formes d’inspiration est aisée.

La Clef visible du Trésor.

Tout débutant, donc, ne peut qu’être frappé par la concentration de quatre voyelles longues dans le Tétragramme. Mais il est freiné par l’entêtement des grammairiens qui s’obstinent à les traiter de consonnes. Or, le premier, le plus ancien texte qui les qualifie, est de Flavius Josèphe, donc du 1er siècle de notre ère. Il les qualifie de voyelles, de « sonantes » : εστι φωνηντα τεσσαρα (De Bell. Jud. 6.15) et nullement de con-sonantes. Et Josèphe ne pouvait pas s’y tromper. Riche et cultivé, il avait vu la lame d’or au front du Grand Prêtre. Il savait que ces 4 lettres étaient voyelles d’autant plus qu’elles reposaient « comme sur un trône » sur 4 consonnes. (Fig.4.)

Le Grand Prêtre était « consacré à Dieu » ; ce qui s’écrivait au moyen de 8 lettres : Q D Sh L Y H W H, lesquelles étaient disposées ainsi :

Y H W H = 26.17.8. Q D Sh L = 56.11.2. = 82.28.1.

Notes projet

✅ Vérifications MCP :

  • קדש ל (« consacré à ») = [56.11.2] ✓ exact
  • קדש ל יהוה (l’ensemble complet, inscription de la lame d’or du Grand Prêtre, Ex 28:36) = [82.28.1] ✓ exact — déjà rencontré au chapitre I (p.31, p.47), confirmation de cohérence interne du corpus

Référence importante : Flavius Josèphe (De Bello Judaico 6.15) qualifie les 4 lettres du Tétragramme de « voyelles sonantes » (φωνηεντα τεσσαρα) et non de consonnes — attestation antique citée par Bardet à l’appui de sa thèse centrale du chapitre (les lettres hA.Y.W.H sont des voyelles immuables, non des consonnes faibles). Argument autobiographique de Bardet sur sa méthode (« glanage d’un débutant », pas de « ratissage systématique ») à noter pour la caractérisation de son style — cohérent avec le principe méthodologique du projet sur l’intuition puis vérification.


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