La Clef de David (p.215)

tiellement, sur la différence entre l’écriture dite pleine et l’écriture défective. Dans la première, les voyelles sont écrites, dans la seconde, elles sont seulement prononcées ; elles ne sont pas écrites. Les premières sont des signes, les secondes des sons.

Travaillant sur la double inscription de Rosette, en grec et en égyptien, Champollion était normalement arrivé à opposer au vocalisme grec le consonantisme égyptien, mais sans systématiser. Fidèle à ma méthode, j’ai encadré l’hébreu entre l’égyptien et l’arabe, langues sœurs et non opposées. Pour l’égyptien, langue morte, on n’a point encore trouvé (ni d’ailleurs étudié sous l’angle du sacré) la raison véritable de l’indication, ou non, des (semi-)voyelles w et i, qui sont de vraies voyelles, stables et longues. Des brèves, nous ne saurons jamais rien. Pour l’arabe classique, langue vivante, l’indication ou la suppression des voyelles brèves ne porte guère de préjudice, l’arabe est une langue parlée ; bien qu’on écrive, plutôt qu’on ne parle, l’arabe littéral. Il n’en serait point de même des voyelles longues, insérées parmi les consonnes. Les voyelles brèves arabes sont de tout petits traits inclinés, situés au-dessus (u et a) ou en dessous (i) de la ligne d’écriture ; ils n’en font pas partie. En outre, dans les splendides corans coufiques du Caire, les points-voyelles sont écrits en rouge, donc d’une couleur différente de celle des lettres et signes diacritiques. Tout au contraire, le Waw, le Ya et le Alif surtout (trait vertical important, de la hauteur des hampes du Kaf et du Lam) sont insérés dans la ligne. La vocalisation est donc assurée « à l’aide de voyelles brèves et par l’insertion de voyelles longues ». Cette distinction, due à M. Blachère, est très judicieuse.

Lorsque les grammairiens juifs voulurent vocaliser — à l’imitation des grammaires arabes — la Thorah, qui — nous le rappelons — est écrite sans aucun point-voyelle, simplement avec les 22+5 signes précités, ils inventèrent des signes pour les voyelles non longues. Je ne dis pas brèves, car ils différencièrent celles-ci en très brèves, brèves et moyennes. Bien plus, ils surajoutèrent aux voyelles longues, insérées, déjà existantes : Yod et Waw, des points indicatifs de voyelles longues, pour en faire des voyelles immuables. Pour ce faire, ils utilisèrent une combinaison de points : un, deux, trois, pris verticalement, horizontalement ou en diagonale, et de traits : petite barre horizontale ou petit T.

Ce système, compliqué à plaisir, fournit, pour les sons : A, E, I, O, Ou brefs, les signes : patah, segol, hiriq, qamez bref,

Notes projet

Argument méthodologique central de Bardet : « j’ai encadré l’hébreu entre l’égyptien et l’arabe, langues sœurs et non opposées » — position méthodologique comparatiste caractéristique de son approche. Description technique du système massorétique de pointage (patah, segol, hiriq, qamez, etc.). Pas de valeur EFP à vérifier sur cette page.


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