La Clef de David (p.213)

vu sur les raisons de « l’écriture pleine ». En outre, le panache de roseau, seul, est translittéré : i, bien qu’il semble avoir possédé deux valeurs phonétiques en égyptien, analogues au Yod et au Aleph hébraïques. Tandis que deux panaches de roseau, qui se trouvent toujours en finale, correspondent au seul son : y. Enfin, le signe : vautour, correspondant à l’Aleph, et même le signe : bouche, correspondant au R (et parfois au L), sont susceptibles de mutation ou d’omission et « tous les deux tendent à être remplacés, dans l’écriture, par le panache isolé : i ». On les a baptisés consonnes faibles. Rappelons qu’Aleph, comme Resh, sont des gutturales en hébreu. En bref, les signes unilittéraux ou alphabétiques égyptiens ³ ne représentent pas uniquement des consonnes. C’est une façon de parler fautive. Nous y trouvons déjà, particularisés, le Yod, le Waw et l’Aleph, et cet R roulé (parfois transcrit L), ainsi que la notion « d’écriture pleine » dont, jusqu’ici, « nul n’a été capable d’apprécier ou de critiquer les raisons », dit Gardiner.

Concluons, pour l’instant, que dans les écritures sémitiques — l’égyptien est classé dans les sub-sémitiques — il y a des nuances inconnues à notre division occidentale, élémentaire, en voyelles et en consonnes. Cela est obligatoire car, à l’origine, l’écriture n’était pas un simple « instrument de notation phonétique du langage ». James G. Février l’a bien montré dans son Histoire de l’Écriture (Payot, 1948). L’écriture était, comme l’architecture, un moyen monumental de conservation des connaissances acquises. Elle s’adresse à l’œil, non à l’oreille. Elle est d’ordre spatial et non temporel, son but est, précisément, d’échapper au temps.

De l’écriture égyptienne (apparue toute formée au 3e millénaire), passons à la dernière des langues sémitiques écrites : l’arabe littéral, dont les grammaires se sont élaborées deux siècles après l’Hégire (+622). L’écriture arabe originelle dérive du nabatéen, qui n’avait que 22 lettres ; elle est dite coufique. Les premiers corans sont écrits en coufique monumental, plus ou moins orné, fleuri ou tressé. L’écriture actuelle, cursive aux formes arrondies, est appelée nash, les sons y « sont représentés par 29 lettres et trois voyelles brèves ⁴ ». Sagement, M. Régis Blachère n’a pas écrit : 29 consonnes. En effet, les 28e et 29e signes : Waw et Ya, ont valeur consonantique « quand ils s’accompagnent d’une autre voyelle avec laquelle ils sont émis en une seule articulation… » « par contre, Waw et Ya sont

Notes projet

Suite du développement philologique (Yod/Waw/Aleph égyptiens et hébreux, écriture arabe littérale, 22 lettres du nabatéen → 29 lettres du nash). Référence à James G. Février, Histoire de l’Écriture (Payot, 1948) et Régis Blachère. Pas de valeur EFP hébraïque à vérifier sur cette page.


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