Structure architecturale et musicale du récit Mosaïque (p.147)

d’un violoncelle, d’un alto et de deux violons. C’est lui qui établit la structure de la symphonie à quatre mouvements fugués, avec reprise des deux idées principales. Comment s’étonner de le voir considérer comme résumé de tous ses travaux son célèbre oratorio : la Création du Monde, qu’il pourra entendre exécuter juste avant de mourir.

La symphonie est une reprise à plus grande échelle encore du principe de la fugue et du contrepoint. Les compositeurs ont fini par retrouver — à l’époque où la musique classique va devenir essentiellement profane — la structure même de la Genèse.

Ce bref exposé de la structure symphonique peut nous faire mieux comprendre la structure du premier récit mais montre, en même temps, les dissemblances. Si le déroulement de la Création était simplement exprimé en musique, il suffisait d’une série d’accords parfaits pour traduire chaque création théo-cosmique, trine-et-simultanée, par les Trois Personnes. Un jour, à Manrèse, Saint Ignace de Loyola eut la vision de la Sainte Trinité sous forme de trois touches d’un clavier (en figure de trois teclas) ; il dut entendre trois notes en accord parfait, en parfaite harmonie. Mais la nécessité du récitatif oblige — pour la compréhension des auditeurs — à égrener toute simultanéité en succession. Aussi la Genèse offre-t-elle obligatoirement, une ligne mélodique, explicitant les Trois Personnes et leurs modalités.

L’unité est conservée par la fermeture et l’ouverture continuelle du cycle trinitaire : P.F.E. P.F.E. P.F.E.… offrant une « fuite », une fugue continuelle, dont Guillaume de Machaut chercha jadis à traduire la perfection. Tout grand musicien tend, inconsciemment, vers cette traduction puisque, comme l’a montré Saint Augustin, la musique est l’art de bien moduler, autrement dit de bien mouvoir. Et qui peut mouvoir, et se mouvoir plus parfaitement, que le Circulus Trinitaire ?

La Genèse est comme une grande symphonie trinitaire à quatre grands mouvements, groupant chacun trois séquences qui se poursuivent, le quatrième mouvement étant la reprise du troisième. Où doit se trouver le thème principal, le motif particulièrement entendu, qui sert de pivot à tout le morceau, le thème générateur ? Dans le prélude, on le sait.

Cette phrase maîtresse, cette dominante, se rencontre en effet dans le récit de la Création cosmique des Six jours, où cette phrase se répète dix fois de suite. C’est, avec des variations, la structure même des Cinq-Cinquièmes : Père — Esprit du Père — Fils


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