Le trésor secret d’Ishraël (p.146)

la Genèse (4. 18), il y avait une anomalie directrice : « Irad engendra M cH W Y hA L, M cH Y Y hA L engendra Lamech. » Les deux mots mis côte à côte n’ont pas la même orthographe ! Le premier, nommé au titre de Fils, a un Waw ; le second, agissant comme Père, a un Yod. Cela crève les yeux, c’est d’une pédagogie parfaite.

Vous avez observé que le Jour Unique suivait l’ordre dynamique, comme tous les faits qui appartiennent à la psyché ou au pneuma, à l’âme ou à l’esprit. A partir de ce jour commencera l’organisation physique et organique, élémentaire, qui s’exprimera selon l’ordre statique. Mais dès après le 4ᵉ Jour, les entrelacs commenceront et seront de plus en plus riches et complexes, jusqu’à l’Homme : « Fort bon » !

La composition musicale du prélude.

Dire que la Genèse est une symphonie, c’est, évidemment, renverser l’ordre de génération. C’est, en fait, la symphonie occidentale qui est le fruit tardif de la Genèse. Les compositeurs y sont arrivés en trois étapes : celles du contrepoint, de la fugue, de la symphonie.

Le style contrapuntique a pris naissance à la Schola de Notre-Dame de Paris, au 12ᵉ siècle, avec Maître Léonin et Maître Pérotin le Grand. Ce dernier affirmait même que, en conséquence de la théologie trinitaire, seule la mesure ternaire était « parfaite » et digne d’être utilisée en musique. La fugue — qui reprend à plus grande échelle le principe du contrepoint — doit sa forme achevée à Jean-Sébastien Bach. L’idée de « musique pure » était étrangère à cet homme d’une piété profonde. Ses cantates sont formées de passages de la Bible et, comme chaque idée du texte est commentée par des images musicales appropriées, contrepoint et fugue ne font, chez lui, que traduire, musicalement, le rythme intérieur des textes. Aussi sa musique, en épousant le texte biblique, traduit-elle l’incessante « fuite » des créations-en-cascade du circulus trinitaire¹.

Le vrai domaine de la fugue, c’est la musique d’église ; cette forme musicale contemplative ne convient guère au livret profane de l’Opéra, où les mouvements dramatiques sont en dents de scie, désordonnés comme les agitations humaines. Joseph Haydn, enfin, perfectionna l’exécution du quatuor composé


Photo : IMG_20260901_225136.jpg · Voir l’original