Structure architecturale et musicale du récit Mosaïque (p.139)
Ne savez-vous pas que ce qui subsiste d’intangible en l’hébreu biblique est, uniquement, le squelette consonantique des mots ? Nous ignorons la vocalisation véritable et n’avons aucun repère extérieur pour connaître le sens exact des mots. Or, rien n’a été davantage négligé. Les Pères de l’Église — privés du texte hébreu — ont cherché l’intention de l’écrivain inspiré, la « fonction », par la contemplation directe. Quant à l’étude de l’inspiration, la mise en clair de la causalité instrumentale de l’écrivain inspiré, quels critiques croient encore à l’inspiration ? Ils n’ont jamais connu « expérimentalement » l’inspiration. Et, tout pleins d’eux-mêmes, ne peuvent en connaître.
Plus récente est l’étude de la forme, à la manière des textes profanes. Un nouveau procédé a été introduit avec la philologie et les méthodes comparatives ; on s’est mis à rechercher les genres littéraires, c’est-à-dire les « formes » de pensée. « L’entrée en scène de ce procédé nouveau ne s’est pas faite sans dommages », avoue l’Abbé Robert. Disons qu’il fut catastrophique et témoigne d’une véritable démission de l’intelligence. Certes, toute intention ne peut s’exprimer qu’au moyen d’un matériel littéraire et de formes conventionnelles ayant cours à l’époque considérée. C’est pourquoi, d’ailleurs, la forme est, ipso facto, ce qu’il y a de moins intemporel. Il est temps de s’apercevoir que la « structure trinitaire » est — au contraire — ce qui est le plus universel, ce qui est éternel. Si l’intention est, en partie, révélée par la forme, elle ne l’est totalement que grâce à la structure, et surtout durablement que par cette structure.
L’intérêt inégalé de la structure — macro ou micro, soit particulière en chaque structure des mots, soit générale des strophes et des séquences — c’est qu’elle résiste à toutes les traductions, à toutes les trahisons… Elle reste la même, en toute langue, et ne peut être détruite par les ergotages, ni par les discussions philologiques ou paléographiques des in-fidèles. Une cathédrale peut être défigurée par un incendie, comme celle de Reims ; sa voûte peut être crevée, tout le détail sculptural d’enseignement populaire peut être mutilé, l’ordonnancement général subsiste ; le plan est inscrit sur le sol, les fûts s’élèvent vers le ciel et suffisent à reconstituer sa leçon essentielle.
Comment a-t-on pu imaginer que Dieu aurait confié au vélin et au papyrus (que le ver ronge) le plus essentiel de Son enseignement, c’est-à-dire la révélation de Sa propre Essence, sans une structure générale permettant de la toujours retrouver, même après deux millénaires d’aveuglement ? N’avoir étudié
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