Chapitre III — p. 101

(suite de la p. 99-100 ; fin du développement sur l’inspiration)

jamais un jeu d’oisif que de soustraire un peu de grâce, un peu de clarté, un peu de durée, à la mobilité des choses de l’esprit. » Qu’on ne l’oublie jamais, les grands mystiques sont de grands organisateurs, tant dans le domaine de l’action que de l’expression… qu’il s’agisse du chevalier Bernard de Clairvaux, du capitaine Ignace de Loyola ou du « plus grand homme de son temps », Mère Thérèse d’Avila… Rien n’est plus « travaillé » que le texte esdraïque, ou celui de S. Jean (a montré le Père Allo), non point que ce travail ne soit jeu, puisqu’il est gratuit, mais il résulte d’une multitude de pulsions de l’Esprit, d’un entrelacs d’affinités, tout à l’opposé — répétons-le — d’une écriture automatique ou d’une improvisation d’orateur acculé.

Dans l’analyse du Récitatif de la Création (chapitre suivant), vous saisirez — au ralenti — le mode scripturaire de l’inspiration. Pour le mode musical, étudiez les « Passions » de Jean-Sébastien Bach, avec le commentaire de Jacques Chailley ; il met en valeur, non seulement la magistrale architecture, mais l’extraordinaire minutie du symbolisme détaillé, entrevu par Albert Schweitzer. Si nous insistons, c’est parce que les érudits (restés : rudis) veulent nous imposer leur optique d’impuissants. Pour eux, une œuvre d’art, c’est le collage bout à bout de fiches-copiées-sur-des-auteurs-antérieurs !… Ils ne savent faire que cela, et, « n’aimant pas la musique » comme disait Bergson, « ils détestent ceux qui l’aiment » et la font : les créateurs… Ceux qui connaissent la Joie.

Les cinq doigts de la main.

Depuis une trentaine d’années la Bible a été diffusée par la Presse. Le Livre inspiré est devenu prétexte à des historiettes fort bien illustrées. Malheureusement, ainsi traités, les dramatiques récits de l’Ancienne Alliance finissent par ne plus se distinguer des contes de Blanche-Neige ou des fables mythologiques. L’imagination des lecteurs a été, ainsi, faussée à la base. La Parole de Dieu doit être représentée en sa réalité transcendante, au lieu de se dégrader par une formulation de magazine illustré.

La signification totale de la Bible ne peut être retrouvée par un archéologue qui arrache les plus belles pierres de l’édifice (déclarées en désordre) pour les mettre en valeur. On tronçonne ainsi l’Écriture inspirée, qui passe au rang de musée avec fiches signalétiques, rappelant les états (purement hypothétiques) des documents de base, sans oublier les références (absurdes) aux

(suite p. 102 — Tableau I)

Vérification / notes projet ★

Page sans valeur gématrique propre (grade C) — clôt le développement sur l’inspiration ouvert p. 98-99, et amorce la nouvelle section « Les cinq doigts de la main » qui débouche directement sur le Tableau I (p. 102, régime de la Loi selon YHWH).


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