« Verbes d’état » chez Bardet — la notion d’aspect

Origine

Remarque du père (8 sept. 2026) : Bardet utilise les termes de « verbes d’état », en lien avec la grammaire française. Le père a apporté comme illustration la Grammaire Larousse du XXe siècle (Larousse, Paris, copyright 1936 ; collab. F. Gaiffe, E. Maille, E. Breuil, S. Jahan, L. Wagner, M. Marijon). Exemplaire portant l’ex-libris « Georges Pascot », tome noté « 1 » au crayon.

⚠️ Le terme « verbes d’état » n’a pas encore été localisé dans les pages TSI 1970 transcrites (ch. I–IX) ni dans les classeurs CLG. Page/chapitre à demander au père.

Passages photographiés (5 photos, 8 sept. 2026)

§325 Notions de temps et d’aspect (p. 275–276)

  • Le verbe énonce à quel point du temps (présent, passé, futur) se place le fait.
  • « Enfin le verbe permet d’indiquer qu’un fait a atteint ou atteindra un certain point de sa durée ; c’est ce que plusieurs grammairiens appellent les aspects de l’action » : action en voie d’accomplissement (l’enfant lisait) / action accomplie (l’enfant a lu sa leçon).
  • « Les mots présent, passé, futur concernent seulement la notion du temps. Les mots imparfait, plus-que-parfait expriment le point de développement de l’action, l’aspect » — temps et aspect coexistent dans les formes verbales.

§326 Notion de mode (p. 276)

  • Indicatif : plan des faits positifs.
  • Conditionnel : « l’action ou l’état dépendent d’une condition ».
  • Subjonctif et impératif : « l’action ou l’état dépendent d’un sentiment, d’une volonté ».
  • « Le mode dépend de l’attitude du sujet parlant à l’égard de l’action ou de l’état. »

Le Verbe, p. 321 (présent de l’indicatif)

  • Valeur de continuité/certitude débordant sur passé ou futur (Racine, Athalie : « Huit ans déjà passés, une impie étrangère / Du sceptre de David usurpe tous les droits »).
  • b) L’aspect n’est pas net au présent : « c’est selon le sens du verbe » — valeur inchoative (Madame se meurt, Bossuet).
  • Au passif, le présent peut valoir : 1° présent (action en cours) ; 2° parfait (action accomplie, agent non exprimé) : La maison est bâtie.
  • c) Emploi impropre du présent : présent historique.

Hypothèse de lecture (Claude, à confirmer)

La Grammaire Larousse 1936 est l’une des premières grammaires scolaires françaises à faire entrer la notion d’aspect (héritée de Meillet/Vendryes) dans l’enseignement. Le couple récurrent « l’action ou l’état » y désigne ce que le verbe exprime indépendamment du temps.

Or le verbe hébreu biblique n’a pas de temps mais des états de l’action :

  • qatal (accompli / « parfait ») — état accompli
  • yiqtol (inaccompli / « imparfait ») — état en cours ou à venir
  • modes volitifs (jussif, cohortatif, impératif) — l’état dépend d’une volonté (§326)
  • phrase nominale sans verbe (יהוה אחד) — état pur, sans copule

Les « verbes d’état » de Bardet désigneraient donc l’état d’accomplissement de l’action (aspect), et non la catégorie scolaire être/paraître/sembler (verbes attributifs). La grammaire de 1936 lui fournissait le vocabulaire français adéquat.

Conséquence numérique (déjà documentée)

La forme verbale choisie change la valeur du mot :

  • Gn 1,1 בָּרָא = accompli
  • Gn 1,3 יְהִי (jussif, « que soit ») = 25 ; יְהִי אוֹר = 34
  • Gn 1,3 וַיְהִי (accompli narratif) = 31 ; וַיְהִי אוֹר = 40
  • L’erreur « Fiat Lux = 47 » de Bardet (valeur réelle 52, cf. Index) est une erreur de forme verbale, donc d’aspect.
  • ויהי = 31 = pivot de Jonas 2,1 (CLG).

→ L’aspect/mode n’est pas un commentaire mais un paramètre du calcul. Piste : classer les versets-clés par forme verbale dominante (accompli / inaccompli / volitif / nominal).

Questions pour le père

  1. Où Bardet emploie-t-il « verbes d’état » (chapitre, page) ?
  2. L’oppose-t-il à « verbes d’action » ? Applique-t-il la distinction aux Noms divins (יהוה comme forme de היה, « Il est ») ?
  3. Le rapprochement avec la grammaire française vient-il de Bardet ou du père ?

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