Le Trésor secret d’Ishraël (p.318)
Vulgate et des traductions ; comme toujours, il faut se reporter à l’hébreu pour comprendre les anomalies grecques.
Ce digamma disparut à son tour, comme nom de chiffre ; à la suite d’un léger changement de forme, il s’appela : stigma ou sigma-tau (combinaison du : σ et du τ) ou, en bref, le sti. C’est sous cette forme que vous le trouvez écrit au Moyen Age. N’est-il pas étonnant, là encore, de retrouver, à la place du Waw consonne, c’est-à-dire du clou… le stigma… alors qu’on appelle stigmates, précisément, les marques des clous… qui ont fait ressembler au Christ, depuis le « Français d’Assise » ¹⁴, quelque 400 de ses fils ou filles, jusqu’au Padre Pio…
Dans les plus anciens manuscrits connus du Nouveau Testament, c’est-à-dire les onciaux des 4e et 5e siècles, le fameux nombre de l’Apocalypse : 666, est écrit en toutes lettres ; toutefois, dans le Codex Vaticanus, il est écrit en chiffres : Chi Xi Stigma. Saint Irénée, petit-fils spirituel de S. Jean, le connaissait sous cette forme, puisqu’il rappelle : « certains ont erré » en lisant 616 au lieu de 666 (P.G. VII.L.V.XXX. Col.1203) « parce que les nombres sont représentés par des lettres » et ils ont « lu la lettre grecque qui énonce soixante comme un iota ». La confusion était possible en certains alphabets orientaux où le Xi s’écrivait comme un I barré : Ɨ.
Ce digamma (double gamma) de valeur 2×3 (analogue au ϖϖ) était une maladresse graphique. Ce Ϝ inversé était, en effet, un pastiche trop proche du H araméen : ⊐. Il se devait de disparaître. Fut-il en partie responsable de l’attribution au Hé des qualités du Waw ? On sait que le Tétragramme, une fois mé-connu, fut, dans de nombreux cas, conservé sous sa forme araméenne, en particulier dans les manuscrits de la mer Morte. D’où la confusion ultérieure possible entre le digamma et le Hé araméen.
Comment expliquer que Clément d’Alexandrie, au 4e siècle, sache fort bien que la lettre insigne : épisémon, est le Waw, tandis qu’au 14e siècle, un Elias Levita (le révélateur de la Massore hébraïque) attribue ce nom d’insigne au Hé : « primo vocatur : H Y D Y chA H » ¹⁵ ? Ce mot technique : H Y D Y chA H, forgé par l’entrelacs des verbes H Y H = être, et Y D chA, connaître, vaut : 50. 23. 5. A l’époque de sa formation, les Massorètes antérieurs n’ignoraient donc pas que ce terme désignait la connaissance spirituelle. Depuis, le gnosticisme est passé par là.
Plus on observera, plus on constatera l’importance des formes et des positions des lettres dans chaque alphabet. D’où vient
Notes projet
✅ Vérification MCP : הידיעה (« la connaissance », mot technique forgé par Elias Levita à partir de היה « être » et ידע « connaître ») = [50.23.5] ✓ exact.
Développement paléographique riche sur l’histoire du 666 (Apocalypse 13:18) : attesté « Chi Xi Stigma » dans le Codex Vaticanus, avec la variante 616 déjà connue de saint Irénée (2e siècle) comme erreur de lecture (confusion Xi/iota dans certains alphabets orientaux). Argument étymologique frappant : le digamma disparu devint le « stigma », terme qui recoupe curieusement les « stigmates » (marques des clous du Christ, du Waw=clou déjà établi p.290) — coïncidence relevée par Bardet entre François d’Assise, environ 400 stigmatisés répertoriés dans l’histoire, et le Padre Pio (déjà cité ch. VI, p.262). Question ouverte sur la confusion historique digamma/Hé araméen.
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