Le Waw, Fils de Théos (p.315)
ciennes archaïques, mais la structure alphabétique provient directement des Hébreux, car l’alphabet phénicien ne possédait que 22 lettres.
Les Grecs adoptèrent en entier l’alphabet hébreu de 27 lettres dont voici les correspondances, ordonnées en fonction des nombres, qui ne durèrent pas :
| Grec | Hébreu | Grec | Hébreu | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| alpha | hAleph | iota | Yod | Koppa | Qof | ||
| bêta | Beth | kappa | Kaf | rhô | Resh | ||
| gamma | Gimmel | lambda | Lamed | sigma | Shin | ||
| delta | Daleth | mu | Mem | tau | Thaw | ||
| epsilon | Hé | nu | Noun | upsilon | K final | ||
| digamma | Waw | xi | Ssamek | phi | M — | ||
| dzêta | Zaïn | omicron | chAyn | chi | N — | ||
| êta | cHet | pi | Phé | psi | Phé — | ||
| thêta | Tet | san | Tsé | ôméga | Tsé — |
Pour obtenir 27 lettres, sans utilisation de finales, les Grecs détriplèrent les deux labiales Waw et Phé. Le Waw donna lieu au digamma des Éoliens (sorte de F inversé), à l’upsilon : Y (devenu notre y grec) et à l’ôméga : ω. Le Phé fournit le Pi, le Phi et le Psi : Π, Φ, Ψ. A l’origine, on écrivait des diagrammes : ΠΗ pour Phi et ΠΣ pour Psi ; voire : ΦΣ dans les îles de la mer Égée. Ils ajoutèrent enfin le : Χ… qui servira aux Chrismes.
A la suite du mélange des dialectes qui aboutit à un idiome commun, la Koïné, l’alphabet grec diminua ; il ne resta que 24 lettres dans le grec littéraire qu’on étudie en classe et qui ne concerne que l’Attique à l’époque de Périclès. Irrationnellement, le digamma, le san et le Koppa disparurent comme lettres mais nullement comme chiffres avec, en outre, une inexplicable translation du san de la seconde à la troisième colonne sous le nom de san-pi, afin d’y prendre la place du Tsé final… Ce qui a entraîné un décalage à partir de la 17e lettre et fait du : Ϙ l’image du Qof, vous verrez pourquoi ¹³.
La disparition du Koppa, comme lettre, l’analogue du Qof, a conduit à de nombreuses erreurs de transcription. Nous lui devons l’orthographe : Cabale ou sa grécisation : Kabbale, pour Q B L… (mais j’ai conservé Kabbale, pour bien souligner que cette mixture n’est pas hébraïque). Ainsi que des hellénismes regrettables, comme Kéry Kethib… pour Q R Y — K Th B, qui dissimulent les déterminatifs initiaux.
Les Grecs donneront à ces 27 signes les valeurs numérales
Notes projet
Table complète de correspondance hébreu-grec (27→27 lettres), confirmant et détaillant l’affirmation déjà faite au chapitre VII (p.258) : les Grecs auraient emprunté l’alphabet hébreu à 27 lettres, non le phénicien à 22, par « détriplement » des deux labiales Waw et Phé (Waw→digamma/upsilon/ôméga ; Phé→pi/phi/psi). Argument étymologique notable : « Cabale »/« Kabbale » proviendrait d’une mauvaise transcription de קבל (QBL) via la disparition du Koppa grec. Aucune valeur EFP hébraïque sur cette page — tableau de correspondance alphabétique et développement historique du système numéral grec (à suivre p.316).
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