Le Waw, Fils de Théos (p.309)

avec les lettres phéniciennes ou proto-sémitiques. Elles ne sont pas, d’ailleurs, issues de la « méthode acrophonique », qui consistait à choisir comme lettre l’initiale d’un pictogramme :

A pour une tête de bœuf ; B pour la maison ; D pour la porte…

Nous ignorons — pour l’instant — leur formation graphique. Toujours est-il qu’il faut se pencher davantage du côté des hiéroglyphes égyptiens que du côté des cunéiformes. Le Shin est la seule lettre à avoir des antécédents évidents. Le Sh égyptien se compose de 3 feuilles de lotus émergeant de l’inondation fécondante ; le Sh ougaritique se compose de trois coins, en éventail. Je rappelle que la moelle du lotus du Nil fournissait une farine panifiable. Le Sh égyptien, devenu, tardivement, une simple « mare », est employé pour le plat pays, par opposition à la ville. C’est la verte campagne. Dans le tableau des couleurs (p.138), vous vérifierez que le Shin correspond au vert et le Waw au rouge ; ils sont donc parfaitement complémentaires… confirmation absolue de leur unité pré-établie.

N’importe quel enfant (et c’est aux enfants seuls, et à ceux qui leur ressemblent, qu’est ouvert le Royaume des Cieux) comprend que le vert et le rouge s’interpénètrent totalement pour faire du blanc ¹⁰. Autrement dit : la nature humaine est pré-fabriquée pour s’unir à la Nature Divine. L’Arc-en-Ciel n’est pas, seulement, une image de l’Alliance parce que toute alliance est circulaire, mais aussi parce qu’il nous montre le déploiement coloré de l’Unité et sa possible reconstitution.

Cette pédagogie pour enfants, fondée sur des symboles simples, vous en apprend davantage sur les relations réelles des natures que les gros bouquins des théologiens. Ceux-ci, déformés par le pathos philosophique, n’ont jamais su trouver le langage adéquat pour en parler. Qui sait, aujourd’hui, que le Saint Graal était taillé (symboliquement) dans une émeraude parce qu’il avait contenu le Sang du Christ ? Seuls symboles (les mathématiciens le savent) permettent d’exprimer certaines extrapolations. Ici, vous passez de la physique à la méta-physique, de la biologie à la méta-biologie, de la psychologie à la méta-psychologie. Toutes les controverses sur l’arianisme, la ou les Natures du Christ, sont résolues par un seul arc-en-ciel, par une seule addition de couleurs : vert + rouge = blanc, ou de lettres-nombres : Y H W H + hA Y Sh = 58. Il n’y a que Dieu pour atteindre à cette simplicité géniale pour cœurs simples… La simplicité d’Esprit est, d’ailleurs, requise pour toute synthèse ;

Notes projet

✅ Rappel de valeur déjà vérifiée (ch. VII, p.274) : יהוה+איש = [58.22.4], ici cité simplement comme « =58 ». Confirme la cohérence de cette équation à travers les chapitres.

Développement symbolique riche sur le couple couleurs Shin=vert/Waw=rouge (déjà établi Fig.20, ch. IV, validé par le père) : leur « interpénétration » donnant le blanc comme image de l’union des deux natures du Christ, résolvant selon Bardet « toutes les controverses sur l’arianisme » en une simple synthèse chromatique. Référence érudite à la légende du Saint Graal taillé dans une émeraude (tradition médiévale, notamment le Sacro Catino de Gênes). Argument épistémologique notable : la « pédagogie pour enfants » présentée comme supérieure aux traités théologiques savants pour exprimer les relations entre les deux natures du Christ.


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