Le Waw, Fils de Théos (p.291)
42e verset du Lévitique 11. Observons, de suite, qu’au passage parallèle (Gen.3.14), lorsque Y H W H condamne le serpent : N cH Sh = 43. 16. 7., à « se traîner sur le ventre », le mot est écrit défectivement : G cH N et ne comporte évidemment pas le Waw. En écriture pleine, G cH W N nombre : 42. 24. 6., indicatif de la Tête, le R hA Sh. Le Waw sort d’un ventre ; il ne descend pas du Ciel comme un Ange ; tout « docétisme » est évacué.
En contre-épreuve, et pour faire ressortir le caractère de ce Waw Majuscule, qui doit être élevé « pour attirer tout à lui » (Jean 12.32), le verset milieu (et non plus la lettre) du Lévitique 13.18 comporte un Ghimmel Majuscule dans le mot : W H Th G L H = « sera rasé ». Or, « G » est le déterminatif d’une élévation, c’est la bosse du chameau. (Le hiéroglyphe égyptien correspondant est un trône.) Indication ironique pour Jérusalem qui sera rasée ; ce qui se passa après 70, lorsque toute la science Judaïque abandonna le Temple rasé, pour émigrer en Galilée, au Nord. Dans ces deux graphies insistantes, vous retrouvez, in vivo, l’origine du Magnificat : « Il a exalté les humbles et abaissé les orgueilleux. »
Comment ce précieux indicatif a-t-il pu être perdu ou, plus probablement occulté, chez les Juifs ? Il n’était point ignoré des premiers Chrétiens ; Clément d’Alexandrie comme saint Irénée en parlent au sujet de Marc le Gnostique. Bien qu’à cette époque le digamma (6e lettre de l’alphabet grec) ait disparu comme lettre, Clément d’Alexandrie le qualifie d’épisémon, de lettre insigne. Des recherches restent à faire.
M. Dupont-Sommer a rencontré cette lettre : Waw, mise en valeur dans une lamelle gnostique des premiers siècles. Le contraste est maximal entre l’exactitude du début et le délire gnostique de la suite :
« Waw, fils de Théos, le Grand, Le Fort, le Saint de Dieu. Trois Puissances subsistent en Lui, la Grande vertu de l’Océan et des Archontes, l’Eau, et… le Monde. Par la traversée… » ²
Arrêtons-nous. Après les deux premières lignes, qui sont la définition même du Fils, c’est le syncrétisme alexandrin. Il s’agit d’ailleurs d’une lamelle à but magique. M. Dupont-
Notes projet
✅ Vérifications MCP :
- נחש (Nachash, « serpent », Gn 3:14) = [43.16.7] ✓ exact
- גחן (« ventre », écriture défective, sans Waw) : E=36 — cohérent avec la lecture de Bardet (mot sans Waw)
- גחון (« ventre », écriture pleine, avec Waw) = [42.24.6] ✓ exact, déjà confirmé p.290
Titre du chapitre expliqué : la citation de la lamelle gnostique rapportée par André Dupont-Sommer (spécialiste français des manuscrits de Qumrân et de l’araméen) — « Waw, fils de Théos, le Grand, le Fort, le Saint de Dieu » — est la source directe du titre du chapitre VIII. Bardet distingue nettement les deux premières lignes (jugées justes, « définition même du Fils ») du reste du texte (rejeté comme « syncrétisme alexandrin » et « délire gnostique »).
Argument théologique notable : Bardet lit dans l’écriture défective vs pleine de גחן/גחון (ventre, Lv 13:18 et Gn 3:14) une preuve que le Waw « sort d’un ventre », excluant tout docétisme (le Fils n’est pas descendu du Ciel comme un ange) — argument christologique anti-docète appuyé sur la seule graphie. Lien Ghimmel/élévation/Magnificat (Lv 13:18, « sera rasé ») rapproché de la ruine du Temple en 70.
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